dimanche 4 janvier 2015

La nostalgie de cette fois-là

Ce matin, je me suis réveillée avec un vague sentiment de nostalgie.

La nostalgie de quand j'ai commencé ce blogue.

La nostalgie de quand j'avais quelque chose à écrire. Avec passion, avec haine, avec sentiments violents.

La nostalgie de ma houleuse et destructrice histoire avec Monsieur Z, qui me hantera, je pense bien, à vie (si tu savais, cher lecteur au singulier, si tu savais).

La nostalgie de l'équation A, car il faut bien le dire, j'ai atteint désormais et depuis un bon bout de temps l'équation B.

Je me sens aujourd'hui sereine et paisible, enveloppée d'une chaleureuse, tendre et amoureuse relation avec Mon Simon, aka Force tranquille.

Comme on le dit souvent, les gens heureux n'ont pas d'histoires.

C'est même pas vrai. J'en ai, des histoires.

J'ai des histoires de bureau. Je pourrais vous parler de mon boss qui m'aime pas (même si je travaille de la maison). Je pourrais vous parler de mon cycle d'ovulation. Je pourrais vous parler de mon amie S, ma best, qui est finalement revenue de son tour du monde et qui a enfanté avec l'homme de sa vie, à quelques rues de chez moi. Je pourrais vous parler des lectures surprenantes que je fais, de mes réflexions de marde, du non-sens de ce que je constate dans la vie, de la série Les Tudor, de mon amour dévorant pour la nourriture, de Mon Simon, de ma nouvelle amie et collègue C, et j'en passe et j'en passe.

Par contre, n'attendez plus de moi le récit de mes fameuses aventures avec les hommes qui donnent pas de nouvelles. J'ai donné, merci.

Mais ce matin, j'ai repensé à un moment extraordinaire dans ma vie. Un tout petit moment de rien du tout, qui est revenu comme une vague chaude du Pacifique me réchauffer l'âme alors que je me réveillais dans la grisaille insipide de cette journée de janvier.

Je ne vous l'ai peut-être jamais dit, mais à l'ère de l'équation A, en 2012, en pleine effervescence de mon amour imaginaire, j'étais partie souffler un peu au Costa Rica et au Panama. J'étais partie deux semaines, avec une cohorte de six jeunes adultes qui venaient de partout dans le monde. On avait commencé notre périple à San Jose pour le terminer à Panama City. Entre-temps, on s'est fait les Antilles, la Cordillère des Andes, et une plage de rêve sur le bord du Pacifique, à Santa Catalina plus précisément, côte ouest du Panama, lieu hautement isolé où seuls se rendent des surfeurs en manque de lieux non envahis par les touristes/hôtels/fast-food.

Que la jungle, la mer, le sable, des hamacs et deux-trois cabanes en bois remplies de geckos et de scorpions.

Et un petit restaurant sous un paillasson.

A marée haute, la mer touchait presque le seuil de notre cabane.

Le village le plus proche se situait à deux heures de route.

Et là, je m'étais mise à flipper.

Et si.

Et si je me faisais piquer par un scorpion ?
Et si je pognais la malaria ?
Et si ces vagues énormes du Pacifique m'emportaient pour toujours?
Et si le Grand Requin Blanc me croquait ?

La nuit je ne dormais pas. Je me mettais en boule, j'écoutais le chant des geckos et j'hallucinais des scorpions grouillant sur mes jambes. Le matin, je faisais l'inventaire de mes piqûres de moustique et calculais rapidement mon ratio piqûres-risque de contracter la malaria.

Et puis une journée, alors que je lisais un livre quelconque allongée sous l'ombre divine des palmiers pendant que le reste de la cohorte, folle et insouciante, s'adonnait à des activités dangereuses, comme faire du surf, un beau Panaméen du coin, d'un âge approximatif entre 19 et 28 ans (impossible à déterminer), m'a offert une noix de coco dans laquelle il avait plongé une paille. Il m'a offert le fruit du lâcher prise.

Je l'ai consommée, heureuse et pâmée, et mon angoisse a peu à peu cédé la place à une légère joie de vivre typiquement «Sud», alimentée par le vue de cette jeune beauté panaméenne, bien décidée à «prendre soin» de moi.

Ce gentleman d'un âge obscur était en fait instructeur de surf. Et là, je me suis dit : Pourquoi pas.

Je suis allée quérir auprès de lui des leçons de surf.

Il m'a appris, sur le sable, à pagayer et à me lever rapidement sur la planche. Après quelques simulations, j'étais prête à affronter ma première vague.

Je n'avais que deux conditions.
1. Qu'on aille à un endroit où j'aurais toujours pied.
2. Qu'il ne m'amène pas dans les grosses vagues, celles qui sont loin derrière.

Je ne m'en suis même pas rendu compte que 10 minutes tard j'étais dans les grosses vagues derrière, là où je n'avais plus pied. Je voyais les vagues foncer sur moi tels des murs d'eau. Avec Beau Panaméen de l'autre côté de la planche, c'était aussi enivrant qu'une rangée de shooter de Tequila.

Je sais que vous ne me croirez pas, mais c'est la pure vérité. Quand la bonne vague est arrivée, je me suis levée d'un coup sur la planche et j'ai surfé sur la vague sur plusieurs mètres, presque que jusqu'à la plage.

C'était si bon, si grisant, si planant.

Moi qui m'étais toujours dit que du surf, je ne ferais jamais ça, moi qui sais à peine nager, qui ai peur dans une piscine:

Je ridais une vague du Pacifique.

C'était si court, mais inoubliable.

Un des ces rares moments où on se trouve parfaitement dans le moment présent, en adéquation avec lui.

J'ai fini par tomber dans l'eau. L'eau était chaude. C'était une chute agréable.

La seule chose que j'ai voulu, en me relevant, endolorie, c'était retourner dans les grosses vagues en arrière, là où je n'avais pas pied. Et recommencer, encore et encore, jusqu'à l'épuisement.

C'est à ça que j'ai pensé, ce matin, en me réveillant dans la grisaille de janvier.

J'ai pensé que ces moments sont rares et qu'il faut s'en souvenir pour toujours, les faire durer dans notre esprit le plus longtemps possible. J'ai voulu retourner dans le passé et faire revivre cette chaude ride dans le Pacifique.

J'y pense, et je me dis que Beau Panaméen est sûrement encore aujourd'hui en train d'offrir ses noix de coco et ses leçons de surf à de jeunes touristes, au soleil, sur sa plage paradisiaque, dans son pays loin là-bas.

Moi, j'aurai consacré ma journée à me souvenir de ce moment-là.

mardi 6 août 2013

Je vais bien

Ça y est, j'ai passé le test, je suis en forme, je n'ai rien, rien d'anormal, qu'il a dit le médecin, rien d'anormal.

Rien d'anormal.

Trois tout petits mots qui m'ont redonné mes ailes.

J'ai eu mal, j'ai eu peur, j'ai passé de mauvais moments. Mais il fallait le faire.

Et puis j'ai passé le test sans sédatif. J'ai hurlé de douleur.

Vous devinez pourquoi ?

Eh bien parce que j'avais peur de le prendre, le sédatif !

Ça m'apprendra...

mardi 30 juillet 2013

Chacun son tour

On se dit toujours : «ça arrive aux autres».

Mais là, ça arrive à moi. Maladie, douleurs, examens médicaux.

Examens médicaux.

Moi qui ne supporte pas de voir un hôpital de près, de loin, en photo, à la télévision. Moi qui fais de l'hyperventilation lorsque j'entre en contact avec des médecins, des infirmières; tout ce qui se rapporte à la santé, bref, est hautement anxiogène pour moi.

Eh oui... Je fais partie d'un groupe de gens bizarres qu'on nomme «hypocondriaques».

À l'époque de l'épidémie de méningite (j'avais 10 ou 11 ans), je traînais sur moi un thermomètre pour m'assurer à tout instant que je ne faisais pas de fièvre. Je savais que la fièvre était un des symptômes. J'avais donc peur de faire de la fièvre.

À la même époque, un peu avant ou un peu après, je ne sais plus, j'ai eu peur d'avaler. J'avais vu Garfield s'étouffer avec sa nourriture après un trop long régime. Il ne savait plus comment déglutir. C'est là que j'ai pris conscience du phénomène de déglutition, géré par notre système végétatif. Sauf que j'en ai tellement pris conscience que je n'arrivais plus à avaler, trop concentrée que j'étais sur le processus de déglutition. Ça a duré un bon moment. Quelques semaines, je dirais. Je ne mangeais plus, et je n'avalais plus ma salive. Je la crachais dans un pot. Ça a fini par une virée chez les médecins, que ma mère m'a imposée, afin de comprendre ce que j'avais. Je lui disais pourtant : j'ai peur d'avaler. Elle ne m'a pas crue. Résultat de la virée : tout est normal, ma gorge n'est pas enflée, et je n'ai pas d'os de poulet coincée de travers.

D'ailleurs, je n'ai pas mangé de poisson pendant longtemps dans ma vie, parce qu'ayant vu dans un film un homme mourir étouffé avec une arête de poisson, j'ai eu peur que le même sort me soit réservé.

Plus tard, j'ai eu peur du sida, du cancer, peur de m'empoisonner au labo de physique au secondaire avec les produits chimiques, j'ai eu peur d'être mangée par un requin, peur d'avoir une crise cardiaque, peur d'avoir un caillot de sang au cerveau, et j'en passe et j'en passe.

Chaque seconde de ma vie a longtemps été pénible pour moi. Jusqu'à ce que, un beau jour, dans la vingtaine, je comprenne une chose : les maladies et tout ça, ça ne concerne que les 30 ans et plus. Moi, je suis jeune. Invincible. En santé. Rien ne s'attaquera à moi.

Je sais, c'est complètement faux. Mais sachez que cette pensée magique m'a permis de vivre une bonne dizaine d'années sans patauger constamment dans l'angoisse de ma mort imminente.

Mais voilà. Voilà : je suis dans la trentaine maintenant. Maintenant, je suis concernée, pour de vrai.

Et demain, je me rends dans une clinique privée pour passer des tests médicaux.

Oui, tests médicaux.

Deux petits mots de rien du tout qui font chez moi des ravages incommensurables.

Quand tu es rendu à faire les tests médicaux, c'est que le médecin s'inquiète. S'il s'inquiète, c'est qu'il y a quelque chose. S'il y a quelque chose qui mérite un test médical, c'est que c'est grave. Voilà la logique vicieuse qui s'implante dans ma tête.

Pis j'ai peur. Crissement peur. J'ai peur du test, peur du médecin, peur de la drogue qu'on va me filer dans le bras, dans la veine, peur de lâcher prise avec mon corps.

Peur du diagnostic.

Alors ce soir, je dors pas. Je ne dormirai pas.

Et j'essaie de penser fort fort que demain soir, lorsque je regarderai les feux d'artifice, je me sentirai légère et heureuse, le danger loin derrière moi.

jeudi 27 juin 2013

Comment devenir un intello sans fréquenter l'université

Je me rends compte d'une chose, ces temps-ci.

Plus les années m'éloignent de mon époque universitaire, plus je me délivre de la contrainte intello. Et quelle délivrance !

J'étouffais. Je n'étais plus moi-même, mais j'essayais d'être cette image que l'université et mes pairs m'imposaient, j'avais les goûts qu'ils me dictaient.

Pour être acceptée, être des leurs. Avoir une bourse, une reconnaissance, une place.

Et puis avec le recul, je me rends compte à quel point toute cette mascarade est risible et ridicule. Les intellos, on les repère au premier coup d'oeil, avec leur air supérieur et condescendant. Plus je les observe, plus ils m'énervent. Et plus je me sens loin d'eux, moi qui ai tout de même accouché d'une foutue maîtrise. D'ailleurs, si je n'ai pas continué au doc, c'est parce que je n'en pouvais plus de les côtoyer.

Leurs petites manies pédantes sont si prévisibles et facilement identifiables que ça m'a donné envie de dresser une liste du bon comportement à adopter pour passer pour un intello, sans même fréquenter l'université. Voici pour votre bon plaisir et surtout le mien.

- Donnez-vous un accent français, même si vous n'êtes jamais allés en France. Méprisez avec ferveur cette sous-classe de Québécois qui a un accent québécois.

- Utilisez des termes uniquement compris par votre caste. Moquez-vous de ceux qui ne vous comprennent pas.

- Privilégiez le verbe «court-circuiter». Ça s'utilise en toute situation et vous avez l'air d'avoir du vocabulaire.

- Pratiquez-vous à enrichir vos propos de métaphores-valises telles que «à la croisée de», «à la jonction de», «sur la scène de». Toutes ces métaphores doivent réunir des concepts abstraits. Véritables ou de votre cru, personne ne verra la différence. On vous croira sur parole, car vous avez un accent français.

-Lisez Derrida, Gilles Deleuze et Kant, et faites semblant de comprendre en disant n'importe quoi. Si on ne vous comprend pas, on pensera que vous êtes tellement intelligents que vos propos sont inaccessibles au commun des mortels («Plus c'est intelligent, plus c'est bête», disait mon idole Gombrowicz).

- Louez-vous un film dans la section «Répertoire» en prenant soin de choisir le plus ennuyeux et sombre. Même si vous vous êtes endormis dessus, dites que vous l'avez aimé, en en louangeant les «silences», les «séquences», le jeu subtil (en vérité absent) des acteurs, la profondeur du scénario (directement proportionnel à la profondeur de votre ennui), et tout le baratin approprié.

- Aimez l'art intellectuel. Écoutez une musique qui n'a plus de mélodie. Admirez une toile blanche. Laissez-vous emporter par une chorégraphie qui n'a ni musique ni rythme. Lisez des livres qui n'ont aucune histoire. Aimez tout cela en prêchant que ça «renouvelle le genre», que ça crée «une perte des repères» et que ça «met en relief la vacuité de notre existence». On pensera que vous avez compris quelque chose à la vie.

- Pensez-vous exceptionnels et uniques. Vous êtes promis à une grande destinée avec les grands de ce monde.

- Méprisez Marie Laberge, même si vous avez pris un vif plaisir à lire «Gabrielle» en cachette.

- Citez le plus souvent possible Dostoïevski et Kafka. D'ailleurs, plus vous les citerez, et plus vous gagnerez en crédibilité.
 
- Allez dans les soirées mondaines et soyez fous, mais intellectuellement fous, car les intellos aussi savent s'amuser, mais de façon intello, contrairement à la plèbe de ce bas monde.

- Agencez n'importe quels mots prisés par la caste universitaire. Il y aura toujours quelqu'un pour donner du sens à ce que vous dites.


Au fond, n'ayez pas peur des discours vides.

J'existe toujours

Me voici de retour avec un chum, un chat et 30 livres de plus.

lundi 28 janvier 2013

Folle

C'est complètement fou. Complètement dément.

Vous savez, au mois de novembre, je ne vous l'ai pas dit, mais j'ai fait un «move» majeur dans ma vie. J'ai commis un acte qui allait changer, du moins je l'espérais, le cours de ma vie, et décupler mon bien-être et ma bonne humeur : j'ai supprimé Monsieur Z des mes contacts Facebook.

Quint toué !

Ça me défonçait le moral de le voir en photo avec ses petites chicks, de connaître sa nouvelle vie, laquelle se déroulait sans moi, et le fait que ce soit sans moi me faisait atteindre des sommets de rage assez malsains.

Comble de l'inacceptable, mes amis, c'est que Monsieur Z venait de temps à autre commenter mes statuts, comme pour me narguer, comme pour me dire : oublie pas, chus là, nanana, je suis dans ta vie, mais juste sur Facebook, parce que sinon, je ne t'écris pas, je ne t'appelle pas, mais sur Facebook, je me manifeste, c'est tellement moins engageant, allez hop, un petit mot impertinent pour manifester ma présence, pour bien te faire sentir que chus pas loin, mais tellement plus dans ta vie, tu me vois mais ne peux me toucher, nanana !

Vous voyez le principe.

Ce mois-là, je me souviens, j'avais rêvé que je guillotinais des têtes.

Acte d'ultime vengeance : flushé de Facebook.

Il en a sûrement pleuré.

J'ai cru qu'en l'éloignant de moi, j'allais l'oublier.

ERREUR.

Je ne cesse de rêver à lui. Je rêve ENCORE à lui, vous imaginez ?

C'est de l'obsession pure.

Va te faire soigner, que vous allez me dire. C'est justement ce que je fais.

Mais lui, lui ! Oh, lui (comme je le hais!), lui, bordel de merde, il s'est imprégné jusque dans les tréfonds de mon âme, d'où il répand méchamment son poison d'homme absent.

Comment le sortir de là ? J'ai essayé l'alcool, la drogue, les antidépresseurs, la psychothérapie, le travail, le sexe, rien n'y fait.

Il s'est accroché solidement, le ptit criss.

Si je vous raconte tout ça, c'est parce que je viens de commettre une grosse erreur.

En résumé : j'ai rencontré quelqu'un qui cherche une personne possédant une compétence précise pour accomplir un projet. La seule personne que je connais possédant cette compétence (comme un Dieu en plus), c'est bien sûr Monsieur Z. J'ai donc laissé les coordonnées dudit Monsieur à ladite personne.

Par respect, j'ai tout de même écrit à Monsieur Z pour lui dire que j'avais filé son courriel à une personne qui allait probablement le contacter sous peu.

Sauf que, en obsédée que je suis, je n'ai pas su me la boucler. Je n'ai pas su me contenter de la dimension strictement professionnelle de l'intention.

Voici ce que j'ai écrit :

Bonjour [Monsieur Z],

J'espère que tu vas bien. 

Je tiens à t'aviser que je me suis permis de donner ton courriel à une personne du nom de [quelqu'un], qui cherche quelqu'un pour développer [quelque chose] pour un projet de design pour [nom d,un organisme] (je pense bien que c'est cela, mais je peux me tromper sur les détails).

J'ai tout de suite pensé à toi. Je sais que tu es très occupé, avec HEC, ta job, pis toute pis toute, mais je me suis dit que tu serais peut-être ouvert à d'autres expériences (aucune arrière-pensée ici), et il faut le dire, la personne compétente en ce domaine, c'est toi.

Tu dois trouver ça un peu étrange que je t'écrive alors que je t'ai effacé de mes contacts Facebook, dans la mesure où tu l'aurais remarqué, mais c'était seulement une tentative désespérée de t'effacer de ma vie, en vain.

J'espère que tu ne m'en veux pas... ce n'est rien contre toi. Je ne sais pas ce que tu as, ce que tu m'as fait, mais tu me fais un tel effet que ça en devient complètement fou. Je pensais qu'en t'éloignant de moi, j'arriverais à t'oublier, mais crois-le ou non, je rêve  à toi encore, et plus souvent que la normalité l'exige. Tu apparais dans mes rêves, comme ça, et je me réveille, troublée, en me disant «d'où ça sort, c'te rêve-là».

Bon ok, je te conte mes histoires un peu cinglées, mais vois-le juste comme l'expression de ma décision d'être complètement transparente avec toi.

Je n'ai pas été honnête avec toi, ni avec moi d'ailleurs.

Je ne sais pas ce que tu as, mais je pense que ça a quelque chose à voir avec tes yeux magnifiques, ta vivacité d'esprit, ta capacité d'écoute, ton intelligence, tes yeux, tes yeux, tes si beaux yeux.

Va bien falloir que j'apprenne à vivre avec le fait que je ne t'oublierai jamais... et qu'en ma mémoire, mon souvenir de toi restera toujours aussi vif et poignant, et portera l'odeur de l'été qui naît.

[Ligeia]


Je sais bien : c'est à croire que je cherche le trouble, la merde, les problèmes... mais c'était plus fort que moi.

 Ce qui m'attend dans les prochains jours ? L'attente angoissée.

Fuck me, FUCK ME!!!!




vendredi 25 janvier 2013

Retour en 2013

Ça fait longtemps que je suis venue faire un tour par ici.
Je n'ai pas vu le temps passer... il m'a filé sous le nez, le salaud.

Pourtant, j'avais plein d'idées pour écrire. Je ressassais constamment des passages à écrire. Mais jamais je n'ai trouvé l'énergie pour le faire.

Mon nouveau travail m'a complètement absorbée. Avalée, je devrais dire. N'étant plus habituée à travailler 5 jours semaine, du matin au soir, j'ai dû me donner le temps de m'adapter. Faire des lunchs le soir. Partir travailler, revenir. Tout cela me demandait un temps et une énergie que je ne savais plus où trouver. C'est un fait : je ne suis pas faite pour travailler en entreprise.

Mais la bonne nouvelle, c'est que maintenant je travaille de chez moi. Énergie retrouvée. Fini, les pertes de temps dans la STM. Fini, les putain de lunchs.

Je peux donc me remettre à écrire. À me coucher un peu plus tard et venir flâner ici selon mon gré. Plus de pression du «faut que je dorme à 22 h pour réussir à me lever à 6 h». Car il faut le dire, je suis une grande dormeuse.

Quoi neuf, alors, de mon côté ?

J'ai rencontré un monsieur. Simon, qu'il s'appelle.

C'est un géant. Il ressemble à un arbre. Fort, mais tranquille. Je l'appelle «force tranquille». J'ai décidé que c'était son nom amérindien.

Il est affectueux. Tendre. Il a une voix magnifique. Un rire thérapeutique.

ET devinez quoi ?

Il donne des nouvelles...

Oh oui, il m'appelle, il m'écrit, il pense à moi.

Oui, cela existe. Ça me réconcilie avec l'espèce humaine.

Tournure tragique des événements : mon ex entre en scène avec un coup de théâtre.

Je suis la femme de sa vie. Il ne peut pas vivre sans moi. Il va tout faire pour que je revienne avec lui. Pour me rendre heureuse. Il pleure, il est au bord du désespoir.

Et moi... bien sûr que je l'aime, on restés 7 ans ensemble. Mais j'ai tourné la page.

Tourné la page ? Je n'en suis pas si certaine.

Mais pour l'instant, il y a Simon. Et je suis bien avec lui.

Encore une histoire de mecs foireuse. Mon petit doigt me dit que je n'ai pas fini d,en raconter sur ce blogue.

En ce moment, je laisse aller les choses. Je me dis que le temps me donnera une réponse.

Autre chose : rupture amicale.

Avez-vous déjà vécu ça ?

Une amie intime, une amie très proche.

Qui devient de plus en plus désagréable avec moi. Qui me rabaisse. Se moque méchamment de mon accent québécois (c'est vrai que c'est bizarre un accent québécois au Québec). Ne partage pas mon bonheur.

Une grosse décision pour moi que de ne plus la revoir.

Qui implique une grande réflexion sur l'amitié.

Quand je suis avec elle, je me sens toujours fautive. Parce que c'est comme ça qu'elle me fait sentir. Comme si je n'étais jamais à la hauteur. Comme si je n'étais jamais assez bien pour elle.

Au fond, je pense bien que j'ai le droit d'être qui je suis et d'être aimée et appréciée ainsi.

Fuck off.

Y'en a marre.

Voilà, vous êtes à jour maintenant.

Oh, et pour le mec au persil... ma dent verte ne l'a pas séduit.

jeudi 8 novembre 2012

Sexy

Cruiser un beau gars au travail.

Penser que l'affaire sera bientôt dans le sac.

Aller aux toilettes et constater, en admirant son reflet dans le miroir, un bout de persil aussi gros que la dent sur laquelle il repose, criminel.

Retourner devant son ordinateur en essayant de se convaincre du fameux proverbe : un de moins, dix de retrouvés.

Tel est mon karma.

samedi 3 novembre 2012

Mon corps à la science

Mon corps est un laboratoire.

J'essaie. J'expérimente.

Je le laisse entre leurs mains. J'explore leur touché. Leurs baisers. Leur tendresse ou leur rudesse. Leur passion, leur insécurité, leur empressement, leur désir brûlant.

Je me donne à eux, je les laisse faire ce qu'ils ont à faire, ce qu'ils pensent qu'ils doivent faire ou qu'ils aiment faire.

Pendant ce temps, j'analyse. J'observe mes réactions. Je note ce que j'aime, ce que j'aime moins. Je me laisse surprendre. Et parfois, même, j'ai du plaisir.

Je m'offre comme sujet d'étude. C'est pour une bonne cause. Pallier l'ignorance. Je suis curieuse. J'ai besoin d'en savoir davantage. De posséder un échantillon crédible. Une expérience solide.

C'est pour mieux me connaître. Pour mieux savoir ce que je suis en mesure d'accepter, de tolérer, d'assumer. 

Et j'apprends.

À dire oui, à dire non. À m'abandonner dans leurs bras sans penser au lendemain, sans espérer de lendemain.

À être là, maintenant.

J'apprends à apprécier ce que les hommes ont à donner. À accepter les limites de ce qu'ils peuvent offrir.

 Dans mon laboratoire, j'ai été agréablement surprise de la sensualité de certains. Les tactiles. Ceux qui aiment toucher. Qui aiment caresser, sentir, faire les choses lentement.

J'ai été plus entreprenante avec ceux qui n'osent pas trop.

J'ai été saisie par la rudesse d'autres. Ceux qui veulent prendre les femmes sans même se donner la peine de les déshabiller. Qui nous touchent à peine.

Ils répondent à mon sondage, honnêtement, quoique parfois un peu pressés, et puis repartent sans demander leur reste. Partent sans plus jamais donner de nouvelles.

Mais moi, j'en tire un grand profit. Je prends des notes. Je laisse l'expérience m'endurcir. Moi aussi j'en profite. Je ne subis pas.

Et en voyant le tout comme une expérience, avec essais et erreurs, j'apprends à créer la distance nécessaire pour cesser d'avoir mal.

Peut-être, chers hommes, que je finirai par vous accepter avec votre incapacité à rester.

Par vous pardonner, même.

jeudi 25 octobre 2012

One night stand

Bon.

Je viens de comprendre un truc.

Mes amis viennent de m'expliquer que ce que j'ai vécu samedi soir, c'est ce qu'on appelle un one night stand.

Tu ramènes un gars que tu viens tout juste de rencontrer chez toi et tu baises.

Le lendemain, le gars décalice et ne donne jamais plus de nouvelles, parce qu'en fait il s'en crisse de ta personne médiocre pas assez bien pour lui.

Pis ça, là, il paraît que c'est normal.

Que je suis donc naïve !

Merci Seigneur de m'avoir permis de vivre cette expérience enrichissante grâce à laquelle mon savoir sur la vie s'est amélioré.

Dorénavant, je suis encore plus dégoûtée des relations hommes-femmes.

Et moi qui me donne toujours la peine d'envoyer un petit mot : Eh ! Beau monsieur, j'ai passé une belle nuit en ta compagnie.

Me semble que ça donne un peu d'humanité au sexe ? Un peu de décorum à ce qui semble être devenu d'une banalité affligeante ? Un petit velours pour bien se dire au revoir ?

Ce que j'ai pu être stupide.

Il a pris simplement mon numéro par politesse.

Pas l'intention de me donner des nouvelles, le mec.

Je suis stupide d'en attendre.

Bing bang, fuck you.

Voilà à quoi il faut s'attendre.

L'humanité pue.

Bonne soirée.

mercredi 24 octobre 2012

Un samedi étonnant

C'était le genre de soirée où on se rend avec l'idée d'aller y faire un tour, de prendre un verre, ou deux si on se sent fou, et de repartir tôt pour être en forme le lendemain, même si on n'a rien de prévu.

C'était le genre de soirée où on va en espérant qu'on trouvera quelque chose à dire à quelqu'un, parce que si c'était de nous, on serait resté scotché devant les programmes insipides et ennuyeux du samedi soir à la télé. Envie de vouèr parsonne.

Le genre de soirée où on ne connaît personne, et où personne ne se connaît; le genre de soirée qui peut dangereusement virer en un flop épique. Fifty-fifty. Un risque à prendre.

C'était chez mon ex et ses colocs (mon ex et moi, on est restés bons potes).

Le genre de soirée où tu t'attends à rien et où il se passe tout.

D'un coloc explosif complètement délirant qui aimait tout le monde et répandait son amour, jusqu' à mon amie Miss J, habituellement très sage, qui a bu au point de me dévoiler son côté «givré» que je ne lui connaissait guère auparavant; et, mieux, jusqu'à mon autre amie, Miss M, célibataire depuis 3 ans et qui n'a touché aucun homme depuis, qui s'est retrouvée à frencher un magnifique Colombien à l'accent craquant, sept ans plus jeune qu'elle.

Et moi ?

Moi, je devais me faire discrète, présence de l'ex oblige. C'était difficile, avec tout ce beau monde autour de moi.

J'avais pourtant une envie irrépressible de draguer. De me sentir désirée par quelqu'un...

J'étais profondément déçue de ne pas avoir eu de nouvelles de ma date de l'autre samedi d'avant. Vous savez, celui qui a mis une semaine à me rappeler, après que je lui ai donné mon courriel...

On avait pourtant passé une belle soirée. On n'a pas vu le temps passer. Il m'avait invitée à prendre un verre chez lui. Il m'a dit qu'il avait aimé sa soirée avec moi. On s'entendait bien. Je sentais que c'était un bon gars.

J'aurais voulu rester dormir chez lui. Avec lui. Je le trouvais beau, sexé, attirant, intelligent...

Je m'étais retenue de lui sauter dessus, pour faire les choses dans les règles de l'art. Ne pas me donner tout de suite. Laisser durer le plaisir. J'étais repartie, seule, à 4 h 30 du matin, sous la pluie battante.

Avoir su que je serais finalement restée sans nouvelles de lui, je ne me serais pas privée de ce beau corps. J'aurais eu au moins ça.

Mais non. Même pas de nouvelles. Je ne comprends pas. Il ne répond pas à mon courriel. Criss.

Retournons au sujet qui nous préoccupe.

Et donc, samedi soir, dans les vapeurs de l'ivresse, emportée par le momentum de la soirée, et par ma rage du rejet masculin, je me suis mise à faire de l'oeil, discrètement, à un beau monsieur, qui semblait lui aussi apprécier ma présence inattendue dans ce party d'inconnus.

Je voulais juste son numéro de téléphone. Le cruiser un peu, et repartir chez moi avec l'espoir de le revoir. Repartir chez moi avec l'image de quelqu'un à qui rêver. Ça m'aide toujours à m'endormir. S'accrocher à l'espoir d'une rencontre plutôt qu'au désespoir du pas de nouvelles.

Je voulais juste son numéro, mais je l'ai eu, lui, dans mon lit. Je n'ai rien vu venir. Je n'ai rien venu venir, la preuve : j'ai dû filer sous la douche, très subtilement (existe-t-il une façon subtile de ce faire ?) pour me raser le pouél des jambes que je laissais pousser depuis un bon moment dans le but, finalement vain, de me le faire épiler. Oui, le rasage de pouél l'hiver, c'est pas top, parce que ma peau est sèche, et ça brûle, je deviens tout irritée. Je sais que vous aimez ça, des détails comme ça sur ma vie.

Bref, tout ça c'est de la faute à mon amie. Miss M, la wild qui a frenché le Colombien, a dit à Monsieur F (appelons-le ainsi): Mon amie repart seule à vélo et j'aime pas ça. Voudrais-tu lui donner un lift ?

Je lui ai répondu, au monsieur : pas obligé. J'habite pas loin et je suis en état de conduire mon vélo. (Histoire de voir s'il allait insister.)

Il n'a rien dit. C'était un impératif  : il allait me reconduire.

Sacre le vélo dans la voiture.

Rendus devant chez moi, je mets ma main sur la poignée de la porte pour l'ouvrir. Il m'embrasse. Non; embrasser, c'est quand on est amoureux. C'est quand on désire ce moment depuis très longtemps. C'est doux et c'est tendre.

Il me frenche, donc.

***

Le lendemain, dans ma cuisine, en sirotant un café au lait, on discute de tout et de rien. Mais surtout de choses personnelles. Il me demande si je crois encore à l'amour. On parle d'amour, de relations, de choses sérieuses, de notre perception de la vie, de l'avenir...

C'était une belle nuit. Un bon moment avec lui. Un moment d'intimité. Plus qu'une baise.

Finalement, je n'ai jamais eu son numéro.

Lui, il a le mien. Il a mon courriel.

Il m'a embrassée, m'a dit «à bientôt», et est disparu dans la grisaille d'un dimanche matin d'automne.

«À bientôt».

Mon cul.

dimanche 21 octobre 2012

C'est comme ça que je me sens ce matin

Comme cette chanson magnifique.



Try as he might he's unable to speak
He grabs her by the hair, he strokes her on the cheek
The bed is unmade like everything is
Dark little heaven at the top of the stairs
Take me like that, ruin it all
Then build it again by the light in the hall
He drops to his knees says please my love, please
I'll kill who you hate, take off that dress, you won't freeze

One more night, that was a good one
One more night, i dreamed it was a good one
One more, one more night, that was a good one
One more night, the end should be a good one
A good one

He starts with her back cause that's what he sees
When she's breaking his heart she still fucks like a tease
Release to the sky, look him straight in the eye
And tell him that now, that you wish he would die
You'll never touch him again so get what you can
Leaving him empty just because he's a man
So good when it ends, they'll never be friends
One more night, that's all they can spend

One more night, that was a good one
One more night, i dreamed it was a good one
One more, one more night, that was a good one
One more night, the end should be a good one
A good one


jeudi 18 octobre 2012

Message aux mâles

Je voudrais prendre ce petit moment de détente pour faire un message à tous les hommes, oui, tous les hommes, désolée pour les messieurs gentils, vous payez pour les pas fins :

Vous me faites chier avec votre hostie de manie de marde de pas donner de nouvelles.

C'est pas compliqué, ok ? Tu t'assois sur ton cul, tu prends une bonne respiration, et tu les chies, tes trois lignes qui vont faire le bonheur d'une femme.

Je vous emmerde.

lundi 15 octobre 2012

Passion danse

Hier soir, j'ai regardé un film magnifique.

Un hommage à la danseuse Pina Bausch par la troupe Tanztheater.

Faut dire que je suis fan de danse.

J'ai été saisie par la beauté des chorégraphies. Des chorégraphies qui soulignent à la fois la grâce, l'étrangeté et la force du corps, qui émerveillent, fascinent, captivent.

Des chorégraphies symbolique, poétiques, qui parlent et créent une représentation du monde.

Parfois dans des lieux incongrus, inappropriés à la danse, à une apparition pure, esthétique. Comme une fleur qui aurait pris racine dans un terrain volcanique, disait Baudelaire.

Je ne me lasse pas de regarder cet extrait. C'est exquis.

Par contre, si certaines chorégraphies marquent par leur beauté, d'autres, anxiogènes, m'ont fait étouffer d'angoisse (voir extrait à partir de 1:00).

D'autres encore m'ont fait rire.

Elles m'ont toutes fait réfléchir.

La danse inexplorée.

La danse à son sommet.

Pina était un génie.

lundi 8 octobre 2012

Mea Culpa

Existe-t-il un sentiment plus destructeur que la culpabilité ?

Un sentiment créé par soi et retourné contre soi. Une pure fiction qui nous paralyse et nous enlise.

Une forme de détestation de soi-même, d'être ce qu'on est.

Voilà comment je me sens ces derniers jours. Je n'arrive plus à rien faire sans m'en vouloir. Je me hais, et je me hais encore plus de me haïr.

Je suis rongée par la culpabilité. Par l'impression de ne plus savoir ce que je veux.

Je me sens coupable d'avoir choisi de ne pas travailler en ce jour férié.
Je me sens coupable de ne pas profiter pleinement de cette journée fériée.
Coupable de ne pas être allée voir ma mère.
Coupable de dormir trop.
Coupable de m'adonner à des tâches ménagères au lieu d'être dehors.
Coupable d'être dehors au lieu de m'occuper de tâches ménagères.
Coupable de ne pas écrire plus souvent sur mon blog.
Coupable de ne pas lire les journaux tous les jours.
Coupable de sortir.
Coupable de ne pas sortir.
Coupable de ne pas lire plus.
Coupable de ne pas voir plus souvent mes amis.
Coupable de manger trop de dessert.
Coupable de ne pas aller au théâtre.
Coupable de ne pas m'investir plus dans des sorties culturelles.
Coupable d'être inculte.
Coupable d'avoir envie de rien.
Coupable de me sentir coupable.
Coupable de me sentir mal.
Coupable de ne pas avoir eu tant de plaisir la fête de mon filleul.
Coupable de penser encore à Monsieur Z.
Coupable de ne pas cuisiner plus.
Coupable de pleurer.
Coupable de ne pas répondre au téléphone.
Coupable de faire l'amour.

Coupable à chacun de mes gestes.

Je me sens épuisée.

Je me sens laide.

Oui, parfois, être moi-même, c'est épuisant. Mon esprit est mon pire ennemi.

Je veux arrêter de penser à lui.

Dites-moi comment le détruire une bonne fois pour toutes.

Dites-moi comment me débarrasser de ce sentiment de culpabilité.

Dites-moi comment c'est possible de faire 3 pas pour reculer de 5.

Dites-le-moi, je suis épuisée de penser.

mardi 2 octobre 2012

Down

Plus la montée est vertigineuse, plus la chute est douloureuse.

Allez savoir pourquoi, vendredi j'étais dans un état d'euphorie tel que je ne tenais plus en place.

J'ai bu du vin. Beaucoup.

J'étais avec une amie. Et ensuite avec des amis d'une amie. Et ensuite dans une taverne des bas fonds de Montréal. Remplie de beaux messieurs.

Enivrée par mon euphorie, elle-même amplifiée par le vin, je suis montée, et montée, et montée beaucoup trop haut. J'explosais de bonheur. Je planais.

La vie était parfaite, cette soirée-là.

Devenue soudainement entreprenante, rien à mon épreuve, j'ai même laissé mon courriel à un charmant jeune homme avec qui j'ai discuté jusqu'à la fin de la soirée.

Mauvaise idée. J'aurais dû laisser la vie suivre son cours.

Dimanche, quand je lui ai écrit, j'ai commencé à descendre de mon nuage.

Je suis descendue, et descendue, et puis j'ai ressenti à nouveau, depuis longtemps, ce vide, ce creux lancinant qui tenaille le ventre.

Cette solitude insoutenable.

Cette attente angoissée.

Mais oui, j'étais certaine qu'il allait me répondre. Et il ne m'a pas répondu.

On passe à un autre appel.

Sauf que moi je ne passe pas à un autre appel aussi facilement.

Et là, je patauge pathétiquement dans la morosité, la mauvaise humeur, l'insomnie et les cauchemars.

Allez, Ligeia, relève-toi.

Et méfie-toi de tes montées exponentielles; il se cache en leur sein un monstre noir qui attend la moindre faiblesse de ta part pour te happer et te ramener au fond des eaux obscures et froides.

lundi 1 octobre 2012

Jeunesse en détresse

Un soir, sur la rue Sainte-Catherine.

Dans le coin du Métropolis.
Je marchais avec ma mère. On revenait d'un spectacle à la Place des Arts. Ensuite, on est allées manger dans un restaurant de qualité de haut niveau. Le genre de resto que je ne me paye jamais. Trop cher, trop bon.

Moi, mon budget ne me permet que les petites places pas chères et sympatoches, au menu honnête, bon, agréable, sans être enlevant, pour une gourmande exigeante comme moi.

 Mais cette soirée-là, je m'étais dit : au yiâble les dépenses ! J'ai une job ! Soyons fous !

Alors on marchait, sur Sainte-Cathon, digérant notre repas, quand on a croisé un jeune, un adolescent, ça aurait pu être en enfant. Il boitait, tendait la main, et clamait, d'une voix vacillante : aidez-moi !

Réflexe : regarder ailleurs. On ne l'a pas vu. On continue d'avancer, on trace, ça ne nous regarde pas.

Nous savons que, quelques pas plus loin, cette détresse aura sombré dans l'anonymat du Grand Montréal.

Mais, quelques pas plus loin, quelque chose grossit dans mon ventre. Comme un pincement, une douleur, une tristesse.

Je dis à ma mère : C'est fou comme la ville crée une distance entre nous et les autres. On aurait été dans un village, on se serait arrêtées pour l'aider. Nous, on ne l'a même pas regardé.

Ma mère, aussi rongée par le remords : C'est vrai... il avait peut-être vraiment besoin d'aide.

Moi : on ne sait pas. On ne sait jamais.

Dans un même élan, nous avons rebroussé chemin pour retrouver l'enfant.

Arrivées à lui, ma mère lui demande : As-tu besoin d'aide ?

L'enfant : Oui, j'ai besoin d'argent pour rentrer chez moi !

Ma mère : Et tu habites où ?

L'enfant : Au métro Frontenac.

Ma mère : Alors, si je te donne l'argent nécessaire, tu prends le métro et rentres chez toi ? Y a-t-il des centres qui t'aident, que tu peux aller voir ?

L'enfant : Oui! Moi je veux pas rentrer chez moi, je veux de l'argent pour me faire plaisir ! Il faut que j'aie du plaisir dans la vie!

Ma mère : Mais on ne va pas te donner de l'argent pour le plaisir... as-tu vraiment besoin d'aide ?

L'enfant : Tu dis que j'ai pas le droit d'avoir du plaisir ? Tu me fais de la peine! TU ME FAIS DE LA PEINE! a-t-il hurlé.

Et il a lancé sa poignée de monnaie au visage de ma mère. On l'a regardé se retourner vers d'autres gens, tendre la main vers eux, laissant tout son petit change rouler sur l'asphalte sale de Sainte-Catherine.

Ma mère et moi avons poursuivi notre chemin. Avec le même trouble dans le ventre.

Mais cette fois-ci, ce n'était plus du remords. C'était l'impuissance devant une détresse contre laquelle on ne pouvait plus rien.

Un contraste qui frappe, après avoir mangé un si bon repas, après une chic soirée au théâtre.

samedi 22 septembre 2012

C'est quoi, l'amour, au juste ?


Oui, oui... ce cher Monsieur Z.

J'ai rêvé à lui toute la semaine. Chaque nuit, il est apparu dans mes rêves. Il m'appelait, apparaissait comme ça au milieu de nulle part.

Celle-là, je ne la comprends pas. J'ai un vague sentiment de tristesse à l'âme lorsque je me lève le matin. Parce que Monsieur Z est encore dans le creux de mes pensées. Dans l'arrière-cour de ma vie.

Pourtant, je fréquente depuis deux semaines un homme généreux et doux. Monsieur Math. Monsieur le Turc, je l'ai laissé tomber. Trop brusque et insistant. Mais Math, il correspond à tout ce que je recherche chez un homme : humour, intelligence, douceur, vivacité, énergie. Même âge. Même nos goûts musicaux se rejoignent.

Il me donne des nouvelles, m'écrit régulièrement, pense à moi, désire être avec moi. Tout ce que je n'ai pas connu avec Monsieur Z et qui me rendait si malheureuse.

Pourtant, merde, je ne plane pas. Toujours le vide dans mon ventre. Même si je suis bien avec lui, que j'aime passer la journée au lit avec lui, je ne ressens pas l'intensité et le désir qui m'animaient vis-à-vis de Monsieur Z.

Et quand je pense à Monsieur Math, je suis un peu nostalgique de ce que j'ai vécu avec l'autre.

J'ai beaucoup réfléchi à tout ça, parce que j'ai besoin de comprendre. J'ai besoin de connaître les mécanismes de mon fucking handicap émotif qui font que, depuis toujours, je m'ébroue pathétiquement dans un pattern amoureux où je crève d'amour et de douleur pour des hommes volatiles, mystérieux, dont la présence est fragile et incertaine.

Bonne nouvelle, mes réflexions portent fruit (au moins ça).

Je pense que je commence à comprendre. Je commence à comprendre que l'amour, ça n'a rien à voir avec cette intensité. L'amour, celui qui dure, qui rend heureux, qui fait ressortir le meilleur de soi-même, ne rend pas fou, obsessif et anxieux; il est doux, tranquille. Il enveloppe.

Je suis en deuil. J'apprends à renoncer à ce qui a toujours été ma conception de l'amour. J'apprends à renoncer à cette intensité vive et poignante qui fait planer si haut mais qui détruit violemment.

Mais ce sera un long, long apprentissage.

Ma nouvelle vie

Eh bien me voilà de retour. Je me remets officiellement à écrire, après ces quelques semaines à m'adapter à ma nouvelle vie de travailleuse.

Je n'ai pas vu les jours passer.J'appréhendais tellement ce nouvel emploi. J'avais tellement peur d'avoir fait le mauvais choix, de m'être plantée.

C'est que ça n'avait pas très bien été à mon ancienne job. Je m'y sentais comme une extraterrestre. Mon travail n'était pas respecté (lorsque j'en avais, parce que je pouvais passer des semaines à ne rien faire), et les tâches ne me plaisaient pas du tout. Je devais aller manger à une heure fixe, avec les collègues de travail à qui je n'avais rien à dire. Je partais le soir chez moi en pleurant. Je me sentais comme une merde.

Une fois, une de mes collègues, celle que j'appelais la «star» (elle parlait trop fort et ne sortaient de sa bouche que des inepties, tristement; mais ce qui était le plus triste, c'est que tout le monde l'écoutait, comme si elle brillait), et donc, une fois, en mangeant, on faisait des mots croisés, et elle est tombée sur la définition «loque». Et comme réponse, elle a donné mon nom. Mais il comportait trop de lettres. Bouillant de l'intérieur tout autant que sidérée que sidérée par son comportement, je lui ai lancé : Essaie donc plutôt ton nom, ça devrait cadrer mieux.

Et voilà. Le ton était donné. Je me suis tapé cette sombre bitch chaque jour de la semaine.

Un enfer qui a duré 6 mois. Ç'a été mon unique expérience en entreprise.

Alors j'ai eu peur de la réitérer.

Mais dès ma première journée, j'ai été réconfortée. J'ai été accueillie chaleureusement. On respecte mon travail. On respecte mes décisions. D'ailleurs, du travail, j'en ai beaucoup. J'aime ça. J'aime mes tâches et les gens avec qui je collabore. Certes, ce ne sera pas facile d'apprendre à tout gérer. Mais je le sens bien. Je me sens à ma place, dans mon élément. J'arrive chez moi le soir, et j'ai encore de l'énergie. J'ai envie de sourire.

Je me sens bien.

J'ai alors compris que le bonheur n'étais pas si loin.

En même temps, j'ai recommencé à m'entraîner. Je danse. Deux soirs par semaine. Je danse et je donne tout ce que j'ai à donner.

J'ai dit au revoir à mon amie S, qui a pris son avion pour la Grèce, avant d'en prendre un autre vers la France et ensuite encore un autre pour la Nouvelle-Zélande. On a bu un apéro à l'aéroport.

En bref : j'ai l'impression que j'entre dans une nouvelle ère de ma vie.

C'est donc une année qui se termine en force avec cette arrivée mouvementée de l'automne. Fini, la la léthargie !

Maintenant qu'une nouvelle routine s'est installée, je vais pouvoir reprendre le temps d'écrire.

Car j''ai encore plein de choses à dire.

Je n'en ai pas fini avec les hommes.

Ni avec Monsieur Z.


samedi 8 septembre 2012

Lettre à Monsieur Z

Cher Monsieur Z,

Je te déteste.

Je me secoue violemment la tête pour que tu en sortes. Mais il n'y a rien à faire. Ton visage reviens me hanter constamment, et encore plus lorsque je suis avec un autre homme.

Que m'as-tu fait ? Quel poison as-tu injecté dans mon corps pour que tu m'obsèdes ainsi, même après ces mois séparation où je n'ai même pas eu une seule de tes nouvelles ?

En vérité, tu ne m'as rien fait. Tu n'as qu'été l'objet de mes constructions imaginaires, que j'ai érigées en un mirage ténu faisant miroiter dans ma vie chancelante mon amour et mon désir pour toi.

Un mirage dont la réalité est aussi tangible que la matière des trous noirs.

Notre relation n'a été qu'une fiction. Je ne suis pas certaine de t'avoir rencontré, d'avoir rencontré le vrai Monsieur Z, celui qui pense et qui vit. Je n'ai rencontré que l'homme que j'ai créé, celui que je voulais que tu sois, et que tu n'es pourtant pas.

Tu n'as pas été à sa hauteur. Tu m'as déçue, blessée.

Et c'est non pas à toi que je m'adresse, mais à cet homme protagoniste, héros de mon propre récit.

Monsieur Z, laisse-moi tranquille maintenant. Sors de moi. Sors de mon corps. Va-t'en.

Tu m'as permis d'amortir ma chute dans les abîmes, de la même façon qu'un parachute empêche un corps de se fracasser contre le sol. Tu m'as aidée à garder la tête tournée vers la lumière, vers ta beauté.

Mais c'est fini maintenant. Je suis revenue sur terre. Je n'ai plus besoin de toi. Get out of my fucking life.

Je veux apprendre à aimer autrement. À aimer sans souffrir. À aimer à l'extérieur de mes constructions imaginaires. À aimer une personne réelle. À aimer dans la réalité.

Fous le camp de mes pensées; tu ne fais que me rappeler que je ne sais aimer que dans la folie.

J'essaie de t'oublier. J'essaie de connaître d'autres expériences moins douloureuses dans les bras d'autres hommes.

Et quand je passe du bon temps avec Monsieur Math, quand il m'embrasse, c'est ton visage qui vient me voiler les yeux. C'est toi que je veux. C'est un fantasme que je veux.

Je veux l'impossible, l'insaisissable.

Quand ton visage me vient à l'esprit, dans ces moments-là, je comprends mieux pourquoi l'amour me fait souffrir.

Monsieur Math est trop vrai. Il est là, réel. Il pourrait me rendre heureuse. Il pourrait m'aimer.

Sauf que je ne l'ai pas construit. Il ne m'obsède pas.

Tu me fais chier. Monsieur Z, décalice de ma vie. Je ne veux plus de toi. J'ai choisi de ne plus souffrir.

Mais une partie de moi continue de s'accrocher à cette idée fausse que l'amour, c'est ce que j'ai connu avec toi.

Monsieur Z, je te déteste.