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lundi 28 janvier 2013

Folle

C'est complètement fou. Complètement dément.

Vous savez, au mois de novembre, je ne vous l'ai pas dit, mais j'ai fait un «move» majeur dans ma vie. J'ai commis un acte qui allait changer, du moins je l'espérais, le cours de ma vie, et décupler mon bien-être et ma bonne humeur : j'ai supprimé Monsieur Z des mes contacts Facebook.

Quint toué !

Ça me défonçait le moral de le voir en photo avec ses petites chicks, de connaître sa nouvelle vie, laquelle se déroulait sans moi, et le fait que ce soit sans moi me faisait atteindre des sommets de rage assez malsains.

Comble de l'inacceptable, mes amis, c'est que Monsieur Z venait de temps à autre commenter mes statuts, comme pour me narguer, comme pour me dire : oublie pas, chus là, nanana, je suis dans ta vie, mais juste sur Facebook, parce que sinon, je ne t'écris pas, je ne t'appelle pas, mais sur Facebook, je me manifeste, c'est tellement moins engageant, allez hop, un petit mot impertinent pour manifester ma présence, pour bien te faire sentir que chus pas loin, mais tellement plus dans ta vie, tu me vois mais ne peux me toucher, nanana !

Vous voyez le principe.

Ce mois-là, je me souviens, j'avais rêvé que je guillotinais des têtes.

Acte d'ultime vengeance : flushé de Facebook.

Il en a sûrement pleuré.

J'ai cru qu'en l'éloignant de moi, j'allais l'oublier.

ERREUR.

Je ne cesse de rêver à lui. Je rêve ENCORE à lui, vous imaginez ?

C'est de l'obsession pure.

Va te faire soigner, que vous allez me dire. C'est justement ce que je fais.

Mais lui, lui ! Oh, lui (comme je le hais!), lui, bordel de merde, il s'est imprégné jusque dans les tréfonds de mon âme, d'où il répand méchamment son poison d'homme absent.

Comment le sortir de là ? J'ai essayé l'alcool, la drogue, les antidépresseurs, la psychothérapie, le travail, le sexe, rien n'y fait.

Il s'est accroché solidement, le ptit criss.

Si je vous raconte tout ça, c'est parce que je viens de commettre une grosse erreur.

En résumé : j'ai rencontré quelqu'un qui cherche une personne possédant une compétence précise pour accomplir un projet. La seule personne que je connais possédant cette compétence (comme un Dieu en plus), c'est bien sûr Monsieur Z. J'ai donc laissé les coordonnées dudit Monsieur à ladite personne.

Par respect, j'ai tout de même écrit à Monsieur Z pour lui dire que j'avais filé son courriel à une personne qui allait probablement le contacter sous peu.

Sauf que, en obsédée que je suis, je n'ai pas su me la boucler. Je n'ai pas su me contenter de la dimension strictement professionnelle de l'intention.

Voici ce que j'ai écrit :

Bonjour [Monsieur Z],

J'espère que tu vas bien. 

Je tiens à t'aviser que je me suis permis de donner ton courriel à une personne du nom de [quelqu'un], qui cherche quelqu'un pour développer [quelque chose] pour un projet de design pour [nom d,un organisme] (je pense bien que c'est cela, mais je peux me tromper sur les détails).

J'ai tout de suite pensé à toi. Je sais que tu es très occupé, avec HEC, ta job, pis toute pis toute, mais je me suis dit que tu serais peut-être ouvert à d'autres expériences (aucune arrière-pensée ici), et il faut le dire, la personne compétente en ce domaine, c'est toi.

Tu dois trouver ça un peu étrange que je t'écrive alors que je t'ai effacé de mes contacts Facebook, dans la mesure où tu l'aurais remarqué, mais c'était seulement une tentative désespérée de t'effacer de ma vie, en vain.

J'espère que tu ne m'en veux pas... ce n'est rien contre toi. Je ne sais pas ce que tu as, ce que tu m'as fait, mais tu me fais un tel effet que ça en devient complètement fou. Je pensais qu'en t'éloignant de moi, j'arriverais à t'oublier, mais crois-le ou non, je rêve  à toi encore, et plus souvent que la normalité l'exige. Tu apparais dans mes rêves, comme ça, et je me réveille, troublée, en me disant «d'où ça sort, c'te rêve-là».

Bon ok, je te conte mes histoires un peu cinglées, mais vois-le juste comme l'expression de ma décision d'être complètement transparente avec toi.

Je n'ai pas été honnête avec toi, ni avec moi d'ailleurs.

Je ne sais pas ce que tu as, mais je pense que ça a quelque chose à voir avec tes yeux magnifiques, ta vivacité d'esprit, ta capacité d'écoute, ton intelligence, tes yeux, tes yeux, tes si beaux yeux.

Va bien falloir que j'apprenne à vivre avec le fait que je ne t'oublierai jamais... et qu'en ma mémoire, mon souvenir de toi restera toujours aussi vif et poignant, et portera l'odeur de l'été qui naît.

[Ligeia]


Je sais bien : c'est à croire que je cherche le trouble, la merde, les problèmes... mais c'était plus fort que moi.

 Ce qui m'attend dans les prochains jours ? L'attente angoissée.

Fuck me, FUCK ME!!!!




mercredi 24 octobre 2012

Un samedi étonnant

C'était le genre de soirée où on se rend avec l'idée d'aller y faire un tour, de prendre un verre, ou deux si on se sent fou, et de repartir tôt pour être en forme le lendemain, même si on n'a rien de prévu.

C'était le genre de soirée où on va en espérant qu'on trouvera quelque chose à dire à quelqu'un, parce que si c'était de nous, on serait resté scotché devant les programmes insipides et ennuyeux du samedi soir à la télé. Envie de vouèr parsonne.

Le genre de soirée où on ne connaît personne, et où personne ne se connaît; le genre de soirée qui peut dangereusement virer en un flop épique. Fifty-fifty. Un risque à prendre.

C'était chez mon ex et ses colocs (mon ex et moi, on est restés bons potes).

Le genre de soirée où tu t'attends à rien et où il se passe tout.

D'un coloc explosif complètement délirant qui aimait tout le monde et répandait son amour, jusqu' à mon amie Miss J, habituellement très sage, qui a bu au point de me dévoiler son côté «givré» que je ne lui connaissait guère auparavant; et, mieux, jusqu'à mon autre amie, Miss M, célibataire depuis 3 ans et qui n'a touché aucun homme depuis, qui s'est retrouvée à frencher un magnifique Colombien à l'accent craquant, sept ans plus jeune qu'elle.

Et moi ?

Moi, je devais me faire discrète, présence de l'ex oblige. C'était difficile, avec tout ce beau monde autour de moi.

J'avais pourtant une envie irrépressible de draguer. De me sentir désirée par quelqu'un...

J'étais profondément déçue de ne pas avoir eu de nouvelles de ma date de l'autre samedi d'avant. Vous savez, celui qui a mis une semaine à me rappeler, après que je lui ai donné mon courriel...

On avait pourtant passé une belle soirée. On n'a pas vu le temps passer. Il m'avait invitée à prendre un verre chez lui. Il m'a dit qu'il avait aimé sa soirée avec moi. On s'entendait bien. Je sentais que c'était un bon gars.

J'aurais voulu rester dormir chez lui. Avec lui. Je le trouvais beau, sexé, attirant, intelligent...

Je m'étais retenue de lui sauter dessus, pour faire les choses dans les règles de l'art. Ne pas me donner tout de suite. Laisser durer le plaisir. J'étais repartie, seule, à 4 h 30 du matin, sous la pluie battante.

Avoir su que je serais finalement restée sans nouvelles de lui, je ne me serais pas privée de ce beau corps. J'aurais eu au moins ça.

Mais non. Même pas de nouvelles. Je ne comprends pas. Il ne répond pas à mon courriel. Criss.

Retournons au sujet qui nous préoccupe.

Et donc, samedi soir, dans les vapeurs de l'ivresse, emportée par le momentum de la soirée, et par ma rage du rejet masculin, je me suis mise à faire de l'oeil, discrètement, à un beau monsieur, qui semblait lui aussi apprécier ma présence inattendue dans ce party d'inconnus.

Je voulais juste son numéro de téléphone. Le cruiser un peu, et repartir chez moi avec l'espoir de le revoir. Repartir chez moi avec l'image de quelqu'un à qui rêver. Ça m'aide toujours à m'endormir. S'accrocher à l'espoir d'une rencontre plutôt qu'au désespoir du pas de nouvelles.

Je voulais juste son numéro, mais je l'ai eu, lui, dans mon lit. Je n'ai rien vu venir. Je n'ai rien venu venir, la preuve : j'ai dû filer sous la douche, très subtilement (existe-t-il une façon subtile de ce faire ?) pour me raser le pouél des jambes que je laissais pousser depuis un bon moment dans le but, finalement vain, de me le faire épiler. Oui, le rasage de pouél l'hiver, c'est pas top, parce que ma peau est sèche, et ça brûle, je deviens tout irritée. Je sais que vous aimez ça, des détails comme ça sur ma vie.

Bref, tout ça c'est de la faute à mon amie. Miss M, la wild qui a frenché le Colombien, a dit à Monsieur F (appelons-le ainsi): Mon amie repart seule à vélo et j'aime pas ça. Voudrais-tu lui donner un lift ?

Je lui ai répondu, au monsieur : pas obligé. J'habite pas loin et je suis en état de conduire mon vélo. (Histoire de voir s'il allait insister.)

Il n'a rien dit. C'était un impératif  : il allait me reconduire.

Sacre le vélo dans la voiture.

Rendus devant chez moi, je mets ma main sur la poignée de la porte pour l'ouvrir. Il m'embrasse. Non; embrasser, c'est quand on est amoureux. C'est quand on désire ce moment depuis très longtemps. C'est doux et c'est tendre.

Il me frenche, donc.

***

Le lendemain, dans ma cuisine, en sirotant un café au lait, on discute de tout et de rien. Mais surtout de choses personnelles. Il me demande si je crois encore à l'amour. On parle d'amour, de relations, de choses sérieuses, de notre perception de la vie, de l'avenir...

C'était une belle nuit. Un bon moment avec lui. Un moment d'intimité. Plus qu'une baise.

Finalement, je n'ai jamais eu son numéro.

Lui, il a le mien. Il a mon courriel.

Il m'a embrassée, m'a dit «à bientôt», et est disparu dans la grisaille d'un dimanche matin d'automne.

«À bientôt».

Mon cul.

jeudi 18 octobre 2012

Message aux mâles

Je voudrais prendre ce petit moment de détente pour faire un message à tous les hommes, oui, tous les hommes, désolée pour les messieurs gentils, vous payez pour les pas fins :

Vous me faites chier avec votre hostie de manie de marde de pas donner de nouvelles.

C'est pas compliqué, ok ? Tu t'assois sur ton cul, tu prends une bonne respiration, et tu les chies, tes trois lignes qui vont faire le bonheur d'une femme.

Je vous emmerde.

mardi 2 octobre 2012

Down

Plus la montée est vertigineuse, plus la chute est douloureuse.

Allez savoir pourquoi, vendredi j'étais dans un état d'euphorie tel que je ne tenais plus en place.

J'ai bu du vin. Beaucoup.

J'étais avec une amie. Et ensuite avec des amis d'une amie. Et ensuite dans une taverne des bas fonds de Montréal. Remplie de beaux messieurs.

Enivrée par mon euphorie, elle-même amplifiée par le vin, je suis montée, et montée, et montée beaucoup trop haut. J'explosais de bonheur. Je planais.

La vie était parfaite, cette soirée-là.

Devenue soudainement entreprenante, rien à mon épreuve, j'ai même laissé mon courriel à un charmant jeune homme avec qui j'ai discuté jusqu'à la fin de la soirée.

Mauvaise idée. J'aurais dû laisser la vie suivre son cours.

Dimanche, quand je lui ai écrit, j'ai commencé à descendre de mon nuage.

Je suis descendue, et descendue, et puis j'ai ressenti à nouveau, depuis longtemps, ce vide, ce creux lancinant qui tenaille le ventre.

Cette solitude insoutenable.

Cette attente angoissée.

Mais oui, j'étais certaine qu'il allait me répondre. Et il ne m'a pas répondu.

On passe à un autre appel.

Sauf que moi je ne passe pas à un autre appel aussi facilement.

Et là, je patauge pathétiquement dans la morosité, la mauvaise humeur, l'insomnie et les cauchemars.

Allez, Ligeia, relève-toi.

Et méfie-toi de tes montées exponentielles; il se cache en leur sein un monstre noir qui attend la moindre faiblesse de ta part pour te happer et te ramener au fond des eaux obscures et froides.

mercredi 25 juillet 2012

Défectuosité

Voilà presque une semaine que j'ai mis un terme à cette relation passionnée que j'entretenais avec Monsieur Z. J'ai pris le temps de réfléchir à ce qui s'est passé... mais je ne comprends toujours pas.

Déjà, je m'étais mis en tête que, pendant ses vacances, il aurait voulu passer du temps avec moi. J'ai cru, fermement et naïvement, qu'il en aurait profité pour faire avec moi certaines activités dont je lui avais beaucoup parlé, telles que faire du vélo au bord du Canal Lachine, aller voir les lotus en fleur au Jardin Botanique, pique-niquer au parc Maisonneuve, visiter Hochelaga et ses trésors cachés. Je me suis pris une claque au visage quand j'ai su qu'il s'était pris un billet d'avion pour aller retrouver son ex.

Il m'a dit : "Ne t'inquiète pas". "On se voit à mon retour". "Tu es belle." "Je suis bien avec toi." "Je veux que tu sois heureuse."

Il m'a embrassée passionnément, affectueusement, et j'ai alors pensé qu'il y avait peut-être quelque chose en plus, un petit truc qui était en train de resserrer de notre relation, de l'amener au-delà du simple "on baise et on se donne des nouvelles, on garde contact", j'ai senti de l'attachement...

Toute la semaine, j'ai pensé à lui. J'avais hâte de le revoir. Après, il avait une autre semaine de vacances. Probablement que pour celle-là, il avait prévu au moins une journée avec moi (que j'ai pensé, dans ma tête tourmentée d'incorrigible romantique-névrosée-obsessive-passionnée-intense). Le lundi de son retour, j'ai même cherché les vols et essayé de voir dans quel avion il aurait pu être. J'ai commencé à penser, à ce moment-là exactement, que la névrose était en train de s'emparer de moi au-delà du raisonnable.

Le lendemain, pas de nouvelles. Le surlendemain, pas de nouvelles. Normal, il faut bien qu'il prenne le temps de revenir (que j'essayais de me convaincre). J'ai fait beaucoup de vélo pour passer le temps. Je suis allée loin; au parc de la Visitation, à Verdun, au bord du fleuve, j'ai fait des aller-retour sans m'arrêter, en pleine chaleur, à peine 5 minutes pour boire. J'ai pédalé fort, en pleurant, en pleurant de découvrir qu'il n'avait pas aussi hâte que moi de me voir. En pleurant d'être aussi tendue dans mon attente angoissée, impuissante, sans que je sois capable d'en sortir, paralysée par la possibilité de le revoir bientôt, par cette éventualité imaginaire qui, de minute en minute, ne se concrétisait pas.

Je m'étais fait de stupides attentes. Erreur suprême.

Je lui ai écrit. Jeudi, on se fait le Canal Lachine à vélo. Réponse : désolé, j'ai autre chose.

Je lui récris : vendredi alors, je te fais un souper, avec un dessert, je fais tout, tu fais rien, je donne tout, tu donnes rien. Réponse le vendredi après-midi : j'ai autre chose. La semaine prochaine, peut-être?

Ça faisait déjà deux semaines que je vivais dans l'attente angoissée, dans l'espoir de le revoir, dans la fébrilité, l'anxiété, la nervosité... j'ai craqué. C'était plus que mon corps et mon esprit pouvaient en prendre. Trop. La goutte qui fait déborder l'hostie de vase de boue. Attendre une autre semaine. Sans même qu'il cherche un moment plus proche pour me voir. Avec, entre les lignes, cette sorte d'indifférence, cette froide distance. Ça a été trop. J'ai craqué.

Je l'ai appelé. J'aurais aimé ça te voir bien avant. La semaine prochaine, c'est loin. Réponse : Ne le prends pas personnellement. Je n'ai donné de nouvelles à personne. Moi : Oui, mais quand même, je m'attendais à plus, tu m'as dit qu'on allait se voir à ton retour, pas deux semaines après ton retour, tu avais l'air attaché, J'ai pensé qu'il y avait plus que rien. Lui : Il y a plus que rien, mais il y a moins que plus. Je suis désolé, les autres filles savent s'en contenter. Moi : mais je ne suis pas les autres filles. Je suis moi. Et cela ne me convient pas. Tu me donnes quelque chose d'exceptionnel, tu es si tendre, si doux, et ensuite je n'ai plus de nouvelles, tu sembles m'éviter, tu es froid. C'est ambigu. Je n'ai pas envie de miettes. Je suis une passionnée, il faut que je consomme jusqu'au bout. C'est tout, ou sinon je préfère rien. Lui : Je n'ai pas voulu te blesser. Je t'avais dit que je ne voulais pas de relation sérieuse. Moi : Eh bien pour moi, "non sérieux" ne signifie pas nécessairement fuckfriends, à l'occasion, quand ça t'adonne. J'ai besoin de consommer jusqu'au bout ce désir pour toi, même si ça ne dure que deux mois. J'ai besoin que tu aies envie de me voir. Ça ne me convient pas. Je préfère qu'on cesse cette relation. Lui : C'est peut-être mieux comme ça. On va continuer à se voir quand même ? Moi : Non. Je dois prendre du recul. Lui : C'est dommage.

Oui, c'est dommage, mais je pense que c'était le mieux que je puisse faire pour garder en état mon équilibre mental.

Pourtant, je regrette un peu. Ce Monsieur Z me donnait quelque chose que je n'ai jamais trouvé chez un homme. Il était spécial pour moi. Il était extraordinaire.

On dirait que tout est de ma faute. Que je me prive d'une chose, d'un rêve, d,un bonheur à cause d'un handicap émotionnel. Je suis trop gourmande. Trop romantique. Trop intense. Trop toute. Je me donne jusqu'au bout. Je me donne même lorsque je n'ai plus rien à donner. Je donne même quand je ne reçois rien. Je donne jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de moi. Je me vide de ma substance, et quand il ne reste que ma peau, je n'ai plus qu'à m'étendre à terre pour servir de carpette.

C'est dans ce schéma que j'allais tomber. J'ai mis un frein avant de me détruire complètement. Avant d'être réduite en une boue abjecte et de devoir me reconstruire de A à Z. Encore et encore.

Je suis fière, parce que j'ai vu le désastre arriver, et je n'ai pas laissé faire. J'ai été forte. Je me suis  respectée.

Mais je m'en veux, je me déteste, je hais cette défectuosité, cette fragilité, cette vulnérabilité, ancrée profondément en moi, qui m'empêche de vivre ce qui aurait pu être un moment inoubliable avec Monsieur Z. Je préfère n'avoir rien que des miettes.

Je me sens déjà plus légère. J'essaie de remplir ma vie de toutes les façons possibles. J'essaie de l'oublier.

J'essaie de trouver les ressources qui feront de moi une amoureuse, une maîtresse, une romantique plus forte.

vendredi 20 juillet 2012

Fini

Eh bien voilà, c'est terminé avec Monsieur Z. Je n'en pouvais plus de le voir si peu souvent. D'être dans l'attente, l'incertitude. Ça me fait beaucoup trop souffrir. Ce n'est pas fait pour moi, ce genre de relations.

Je m'en veux tellement. Parce que je sais que je me prive de quelque chose d'extraordinaire.

Il a fallu que je mette un terme à cette souffrance.

vendredi 29 juin 2012

Dans le désert

Je viens de traverser cette semaine de la même façon que l'on traverse un long désert aride. La bouche sèche, le soleil de plomb qui rend difficile chaque mouvement, les nuits froides et opaques qui nous font sentir seuls au monde.

Un désert aride que seul le sommeil a pu vaincre. J'ai dormi, la nuit, le jour; j'ai dormi tant que j'ai pu, incapable du moindre mouvement. Le corps endolori, l'incapacité d'entreprendre quelque action ce soit, je me suis réfugiée dans mon lit en attendant que l'orage passe. J'ai voulu pleurer, mais rien n'est sorti. Alors j'ai dormi.

Le problème, c'est que, tout d'un coup, j'ai regardé devant moi. Il ne faut pas que je regarde devant moi. Quand je le fais, je ne vois pas d'issue, je me sens prise à la gorge. Financièrement, affectivement, professionnellement, toute le kit. Je me suis sentie seule, impuissante. Seule avec mon désespoir et cette douleur lancinante de savoir que je venais de m'embarquer dans une relation qui m'apporterait beaucoup d'incertitude, d'attente et d'angoisse (fucking équation A). En échange de quelques courts moments dans ses bras.

J'aurais dû prévoir le coup. J'ai pensé que j'étais plus forte, maintenant. Il faudrait quand même qu'il y ait un avantage à la trentaine: la sagesse. Mais je me suis trompée. Dès que je passe la nuit dans les bras d'un homme, j'ai mal les jours qui suivent. J'attends de ses nouvelles. J'attends, je rumine, je m'énerve, je me dis qu'il ne me redonnera pas de nouvelles, que je ne vaux rien, que je ne suis pas assez intéressante pour le retenir près de moi. Et puis je me fâche contre lui, je me dis qu'il est comme les autres (un pur salaud), alors que je le croyais différent, qu'il est comme les autres et que probablement il ne pense déjà plus à moi.

Je ne fais pas partie de sa vie. Je ne serai pour lui jamais autre chose qu'un divertissement occasionnel. Il me réserve ses journées vides, quand il n'a personne à voir. Vous savez, ces journées vides remplies de la seule certitude qu'on ne rencontrera personne. Celles-là, il veut bien les passer avec moi.

Et puis, à la force, je finis par me détester d'accorder autant d'importance à ce dont lui se fout éperdument, à savoir nous deux, ensemble. Mes pensées, ma vie entière, sont tendues vers cet unique et éphémère moment de rencontre, friable comme du papier parchemin trop usé, si fugitif qu'il en devient irréel. Je n'existe qu'à travers ces courts moments qui m'échappent de la même façon que le sable coule entre les doigts de la main lorsqu'on tente de le saisir.

Je n'existe qu'à travers des songes. Et le reste du temps, je rêve de ces songes. Aussi bien dire que mon existence ne repose que sur du vide, ou du moins sur un plancher de verre mince sous lequel s'étend un gouffre insondable.

Et je m'en veux chaque fois. Je voudrais être différente, être une autre.

J'aurai beau tout détruire autour de moi, casser toutes les assiettes de mes armoires, crier à tue-tête jusqu'à en perdre la voix; j'aurai beau courir jusqu'à ne plus sentir mes jambe, pleurer jusqu'à la nausée; le problème est que je serai toujours prise avec moi-même, "pognée" à souffrir à chacune de mes aventures. Je ne pourrai pas sortir de moi, prendre un break, me mettre de côté...

Je m'énerve moi-même.

Je suis censée le voir ce week-end, mais ma peur est si grande que je me demande si je ne devrais pas arrêter ça là.

mardi 26 juin 2012

L'histoire sans fin d'un amour imaginaire - Partie 3 : L'anniversaire

Je vous avais dit que j'allais poursuivre cette fameuse histoire de Monsieur Z, mon amour imaginaire.

Quand je suis revenue de voyage, Monsieur Z m'a invitée à sa soirée d'anniversaire. C'était à la fin mars. Après avoir dansé jusqu'à la fermeture des bars, nous nous sommes retrouvés, seul à seule, dans sa chambre, à discuter de littérature. Nous étions assis sur son lit. Il m'a fait lire un poème de Verlaine. Je ne sais pas comment j'ai fait pour me maîtriser, mais bien qu'il m'ait invitée à dormir chez lui, je suis partie chez moi, dans le froid polaire de ce mois de mars.

Deux jours plus tard, j'ai provoqué la rupture entre mon ex (Monsieur M) et moi. J'ai compris que, pour me laisser aller dans la puissance d'un tel désir qui se développait dans une relation purement imaginaire, il fallait que je sois bien malheureuse dans ma relation réelle avec Monsieur M.

S'en sont suivis deux mois pénibles d'attente et de remises en question, que j'ai pratiquement passés au lit, incapable de quoi que ce soit d'autre. Entre l'insomnie et les crises d'angoisse à répétition, le désespoir a fini par avoir raison de moi, et j'ai bien cru que je n'allais jamais en émerger. Je n'arrivais même plus à m'accrocher à mon amour imaginaire pour rester à la surface; de toute façon, je ne faisais qu'attendre sans avoir de nouvelles. Il fallait que je passe à l'action, mais j'étais beaucoup trop fragile et vulnérable pour prendre le risque de me dévoiler.

Quoi qu'il en soit, cette soirée d'anniversaire, qui avait eu lieu dès mon retour de voyage, a été très révélatrice pour moi. Voici la lettre que j'avais écrite à Monsieur Z le lendemain de cette soirée (sans jamais la lui envoyer bien sûr) :

J’attends que ça passe, mais ça ne passe pas. Au contraire, ça s’amplifie.

Est-ce que tu le fais exprès ?

Ce que tu me fais, c’est cruel.

Je n’aurais pas dû danser avec toi, sentir ton corps si près du mien, si près. Je sens encore dans mon dos la chaleur de ta main, sur ma joue la caresse de la tienne. Sur mon corps la présence possible du tien. J’aurais voulu déposer ma main dans ton cou et te rapprocher de moi, encore plus, te sentir encore plus, juste te sentir.

Je ne sais pas si tu le fais exprès, mais moi, je souffre, et je n’en peux plus de te désirer autant.

D’avoir l’impression que tu m’envoies des signes, ambigus, si ténus que je n’ose pas les interpréter dans un sens qui me serait favorable.

C’est si dangereux, d’être dans ta chambre, avec toi. De m’avoir fait lire ce poème de Verlaine :

Green

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.

J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encor de vos derniers baisers;
Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête.
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

Pourquoi m’avoir fait lire ça ? Peut-on donner à lire ce poème à une fille assise sur son lit à 4 heures du matin tout en restant parfaitement indifférent à elle ? Est-ce seulement possible ? Si oui, c’est d’une cruauté innommable, et alors je ne te le pardonnerai pas. Tu joues avec le feu, ou tu es naïf.

Je suis confuse. Je voudrais que tu me le dises. Je. Te. Veux.

Je  voudrais que ce soit vrai.

Pourquoi m’avoir demandé de rester à dormir ? Pure formule de politesse, j’imagine. Mais sache que, moi, je n’aurais pas pu dormir dans ton lit, ni dans ton salon; je n’aurais pas su t’avoir si près de moi sans tenter l’impossible.

Je n’aurais pas su, sagement, garder mes distances.

C’était dangereux.

J’aurais tellement voulu me perdre dans l’irréalité de ce moment. Me laisser porter par la douceur de ta présence, t’embrasser, te caresser. Te dire à quel point je te désire.



mardi 19 juin 2012

Human nature

Soit les équations suivantes :


A. Doute + Ambiguïté + inexpliqué = [(flou + questionnements + constructions imaginaires + fébrilité + excitation) X souffrance] X 1000

B. Croyance + savoir + expliqué + achevé = [(satisfaction + léthargie + a-créativité) x Ennui] X 1000

Selon Charles S. Pierce, logicien de la fin du XIXe siècle, la pensée humaine vacille toujours entre deux pôles : le doute et la croyance. Le doute, c'est ce sentiment diffus qu'on ressent devant l'inexpliqué, devant un phénomène qu'on n'arrive pas saisir, à maîtriser. Cet état suscite souvent un besoin d'aller de l'avant, de créer des liens, des analogies à l'aide d'une construction tout à fait imaginaire afin de combler le manque que présente ce phénomène. On se situe alors dans une sorte d'entre-deux, dans l'inconnu, en zone d'inconfort, car nous ne savons pas, mais nous créons, à partir du peu d'indices dont on dispose. Si ce pôle est source d'excitation et de fébrilité, il est cependant source d'une souffrance permanente : l'état de non-savoir est insupportable pour l'humain. C'est pourquoi il construit, cherchant des réponses à ses questions.

La croyance survient quand on a réussi à résoudre l'inexpliqué. Le phénomène est achevé, on en connaît tous les liens, les causes et les effets; il devient alors un concept maîtrisé et prévisible. Tout est mis en lumière, il n'y a plus rien à chercher. Le phénomène s'échoue sur le sable de la connaissance. Nous sommes en terrain connu, dans notre zone de confort. On se sent du coup submergé par un sentiment de satisfaction et de plénitude, bien éphémère toutefois. En effet, la croyance, moment d'arrêt bienfaisant de la souffrance, a vite fait de nous engluer dans une léthargie où règne l'a-créativité. Plus besoin de créer, puisque nous savons. Il n'y a plus de lacunes à combler. Notre esprit est au repos. Et, alors, nous sombrons dans un ennui insoutenable.

Et puis le doute revient. Et ainsi de suite, ad infinitum. C'est de cette façon que l'être acquiert de nouveaux savoirs, de nouvelles expériences, qui finissent par définir sa perception du monde, en constant mouvement. C'est donc dans la nature humaine que d'être incapable de se fixer. S'installer dans la croyance, c'est mourir. Vivre dans le doute, c'est ne jamais vivre le bonheur.

Monsieur Z me maintient dans l'équation A. C'est pour ça que je souffre autant, que je me pose autant de questions. Mais d'un autre côté, dois-je avouer, je ressens une sorte de fébrilité qui m'anime du matin au soir, ne me laissant jamais de repos. Il y a quelque chose d'agréable au fait de ne pas savoir, de pouvoir construire, de pouvoir rêver, même si derrière cette excitation s'imprègne en permanence une souffrance diffuse.

D'un autre côté, même si je tends vers l'équation B, j'ai peur d'y arriver. Oui, j'ai peur de savoir, que tout s'arrête, j'ai peur qu'il n'y ait plus rien à chercher, à découvrir, à construire. Alors, je penserai avec nostalgie à l'époque où je pataugeais dans l'équation A.

Je voudrais rester suspendue entre A et B pour toujours.

dimanche 17 juin 2012

Courriels...

Je regarde beaucoup trop souvent ma boîte de réception.

Mais la plupart du temps, c'est une boîte de déception.

lundi 11 juin 2012

L'histoire sans fin d'un "amour imaginaire", partie 2 : correspondance et cycle de coïncidences

Je vous avais dit que j'allais poursuivre cette longue histoire qui ne connaît pas de fin, du moins pas jusqu'à présent, de cette intense et douloureuse relation-obsession avec mon Monsieur Z.

Ainsi, après mon congédiement, tout a basculé. En fait, paradoxalement, cette mise à pied, au lieu de nous éloigner, comme je l'avais d'abord cru, nous a rapprochés, puisqu'elle nous a permis de nous connaître hors du contexte stérilisant et guindé de l'entreprise.

Je suis partie très rapidement de la boîte. On m'a convoquée en début d'après-midi, et on m'a dit que c'était ma dernière journée. J'ai rassemblé mes objets personnels et je suis partie le plus vite possible. Lui, il était en conférence. Je n'ai pas pu lui dire au revoir, j'ai laissé sur son bureau un mot avec mon adresse courriel, au cas où il voudrait garder contact. J'ai fait le pari que "peut-être que", sans trop d'attentes.

Le soir même, il m'avait écrit. Il se disait dégoûté par ma mise à pied, espérait que j'allais bien et m'encourageait en me disant qu'une personne talentueuse comme moi trouverait facilement autre chose. Ce qui n'est pas un compliment banal venant d'une personne qui me troublait à ce point et dont je croyais qu'elle me détestait, vous comprendrez.

À la fin de ma soirée de départ - j'avais quand même organisé un apéro histoire de dire au revoir convenablement à tout le monde -, tout le monde étant parti tôt, on s'est retrouvés, lui et moi, à terminer la soirée dans un bar du centre-ville. C'était comme si on s'était trouvés. Il s'est passé quelque chose. On s'est mis à parler comme si on s'était toujours connus. Je n'ai jamais vu la soirée passer; j'ai seulement su, à un moment, qu'il était 2 heures du matin.

Le problème, c’est qu’à plusieurs reprises, j’aurais voulu prendre sa main, toucher sa jambe de la mienne, me pencher et l’embrasser. Toute la soirée, j’ai dû maîtriser cette envie viscérale qui me tenaillait le ventre, me battre contre quelque chose de tellement plus fort que moi, quelque chose qui m’enivrait et dans quoi j’avais envie de me laisser aller. J'ai su que je n'avais pas fini de souffrir de sa présence, ou de son absence; dans tous les cas, je serais foutue.

Et puis, j'ai saisi son regard. Pour la première fois, j'ai pu m'accrocher à son regard, m'y plonger, le sonder. J'ai bien vu que ses yeux brillaient.Je garde le souvenir de ce regard comme de quelque chose de poignant, de vif, de troublant. À un autre moment, j'ai remarqué que nos jambes se touchaient sous la table. Était-ce voulu, que nos jambes se touchent, plus longtemps qu’il ne le faut ? S'en était-il aperçu ? Comme moi, la laissait-il là délibérément ?

Et puis, à la suite de cette soirée où je suis revenue complètement ébranlée chez moi, nous nous avons entamé une longue correspondance, échangeant nos passions, des pièces musicales, des impressions, des opinions. C'étaient de longues lettres, passionnées, traversées par le désir de connaître l'autre et de se livrer. J'avais l'impression d'avoir trouvé quelqu'un qui me correspondait.

Chaque fois, il m'envoyait une chanson dont les paroles pouvaient peut-être signifier quelque chose. Pouvaient peut-être signifier son désir pour moi. Mais comment savoir si là était son intention, ou bien si c'était une pure coïncidence ? Pour moi, évidemment, tout devenait hautement significatif. Dans chaque parole d'une chanson, j'essayais de percevoir un message, je m'y accrochais, je me disais que peut-être, en fait je me disais que c'était certain qu'il essayait de me communiquer quelque chose par le biais de ces liens. Ces petits signes ont fini par former tout mon univers. Et puis, mon imaginaire a fini par me décaler complètement de la réalité.

Je ne savais plus ce qui appartenait au hasard, à mon imaginaire, et à la réalité.

Gombrowicz, dans Comos, écrit : "Un tel détail à la limite du hasard et du non-hasard, pouvait-on savoir ? peut-être et peut-être pas, sa main s'était déplacée, peut-être avec intention, ou avec demi-intention, ou sans intention, fifty-fifty."

Avant ça, il écrit : "Ainsi cette coïncidence était en partie (oh, en partie!) provoquée par moi-même, et la confusion, la difficulté étaient justement que je ne pouvais jamais savoir dans quelle mesure j'étais moi-même l'auteur des combinaisons qui s'effectuaient autour de moi, ah, on se vite coupable !"

Perdue dans cette obsession, je fuyais mon couple qui battait de l'aile, compensait la douleur d'une relation en train de se mourir par celle, empreinte d'espoir et d'irréalité, d'un amour imaginaire.

Ne tenant plus cette situation, j'ai rassemblé mes maigres économie et je suis partie en voyage, espérant que l'éloignement allait m'apporter des réponses. Et il m'en a apporté.

Quand je suis revenue, les choses ont pris une autre direction.

Mais je vous raconterai la suite bientôt.  

dimanche 10 juin 2012

L'attente angoissée

Il me faut un remède contre cette attente angoissée, et vite.

Un médicament, un poison, une drogue, peu importe, je veux arrêter d'être tendue vers ce peut-être qui ne se concrétise jamais.

Je regarde mes courriels aux 10 minutes et je suis devenue complètement dysfonctionnelle. Je ne pense qu'à lui.

Impossible de rédiger mon travail de fin de session, de préparer mon entrevue de demain. C'est une névrose.

Je ne peux quand même pas ruiner les chances de ma vie pour un mec qui, lui, ne se préoccupe pas de me donner de nouvelles ? Qui, en ce moment même, par ce beau temps, doit probablement être en train de gambader joyeusement dans les rues de Montréal, entouré des plus belles filles du Quartier latin, sans même l'ombre d'une pensée pour moi ?

Il y a des jours où je voudrais m'endormir pour très longtemps, jusqu'à ce que ça passe.