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jeudi 18 octobre 2012

Message aux mâles

Je voudrais prendre ce petit moment de détente pour faire un message à tous les hommes, oui, tous les hommes, désolée pour les messieurs gentils, vous payez pour les pas fins :

Vous me faites chier avec votre hostie de manie de marde de pas donner de nouvelles.

C'est pas compliqué, ok ? Tu t'assois sur ton cul, tu prends une bonne respiration, et tu les chies, tes trois lignes qui vont faire le bonheur d'une femme.

Je vous emmerde.

jeudi 9 août 2012

Coïncidence inquiétante

Oh, et puis, vous voulez vous en mettre une bonne croustillante sous la dent pour finir la semaine ?

Quand on est intelligent, qu'on n'a rien à faire et qu'on se met à faire des liens, on comprend des choses.

Au début de la semaine, j'ai compris que le mec qui est pro en magasinage de filles et qui m'a bêtement flushée comme si j'étais une vulgaire cravate de chez La Baie se trouve à être le nouveau patron de Monsieur Z, qui vient de changer d'emploi.

Le hasard, des fois, pue. Inquiète. Tend des pièges. Faut-il dégager un sens de tout ça ? Le destin est-il en train de me parler ? Suis-je dans un monde d'indices et de signes tout-puissants ? Suis-je dans un monde parallèle ?

J'ai des frissons dans le dos.

Si vous me dites qu'en fait, vous connaissez Monsieur Z, je ne serai même pas surprise.

dimanche 5 août 2012

Bof bof

Beau monsieur a dit : Bonjour Ligeia, ça te dit d'aller prendre un verre cette semaine ?

Ligeia a répondu : Rien, puisque pas eu le temps de répondre, partie pour le week-end.

Beau monsieur a renvoyé un courriel pas plus de 24 heures plus tard : Ah ben laisse faire, finalement j'ai rencontré quelqu'un d'autre.

Comprendre : Je magasinais, je suis tombé sur deux offres incroyables. J'hésitais entre les deux, et puis après réflexion, j'ai choisi l'autre, mais merci de ta participation.

FUCK. YOU. CONNARD.

jeudi 2 août 2012

Les aventures de deux trentenaires célibataires à Burlington - Partie II : L'enchantement

Nous sommes arrivées, donc, dans notre nouveau camping, facilement accessible par un bus de Burlington.

Comme nous avions vu le pire, cet endroit nous a paru un véritable lieu d'enchantement : la petite cabane coquette en bois rustique de l'accueil; le charmant monsieur jovial au comptoir; l'emplacement pour la tente, entouré de verdure bucolique, visité par un magnifique cardinal et son harem de femelles; nos voisins, de vrais voyageurs qui aiment le vrai camping, curieux, aimables comme tout, souriants et sympathiques par-dessus le marché. Ainsi, on s'est vite fait des amis, à commencer par Max, leur fils de 10 ans, qui n'avait pas froid aux yeux et qui s'est mis à nous parler comme si on était ses amies de longue date. D'ailleurs, le petit, il parlait à tout le monde autour de lui, s'incrustait dans les activités des autres campeurs, comme si cela allait de soi. Comme j'aurais aimé avoir ce culot dans ma jeunesse ! Ma solitude m'aurait peut-être moins pesé. Bref, il était si mignon que tout le monde l'accueillait avec grand plaisir.

Cette journée-là, nous sommes allées traîner à Burlington, où ma mère venait nous rejoindre. Il y avait un marché public avec des dégustations, des produits du Vermont et de la bouffe de rue. On s'est délectées de samoussas épicés et de tartes aux bleuets. On a mangé du regard tous les produits offerts, et je me suis dit que dans le monde entier on entretenait un bien mauvais cliché quant à l'excès de malbouffe aux States. Bon d'accord, cette réalité est vraie, on ne peut la nier; cependant, il ne faudrait pas oublier que les Étatsuniens, du moins ceux de la Nouvelle-Angleterre, sont adeptes des produits de leur terroir, et se passionnent pour les aliments de qualité.

Et puis on a magasiné, notamment dans les friperies, où je me suis dégoté une jolie robe de style rétro pour moins que rien si l'on compare le prix qu'elle valait à l'origine (oui, je suis allée voir sur Internet). J'avais hâte de trouver une occasion de la porter. Ça s'est présenté hier, mais malheureusement, mon compagnon n'a pas succombé au charme irrésistible de cette robe.

Passons.

Et donc : un marché, une friperie, une promenade avec ma mère et S., et je suis comblée de bonheur.

Le soir même, après un petit apéro au vin blanc chaud, épuisées par nos déplacements et notre longue promenade, nous nous sommes lancées dans la piscine du camping sous la lune éclatante.

Le lendemain, pour notre dernière journée, nous avons erré au marché d'artisanat installé au village à côté, Shelburne. Il se trouve que nos sympathiques voisins de camping étaient des artisans venus là pour présenter leurs oeuvres. C'est leur vie : travailler leurs oeuvres et parcourir les routes pour les présenter dans des marchés; dormir à la belle étoile; partir, toujours partir. Il y a quelque chose de romantique à cette vie. Ça m'a fait rêver. Ils avaient l'air si heureux !

Le marché était énorme et occupé par une pléthore de beaux mecs. Ils sont où les beaux mecs aux States ? Dans les marchés; croyez-moi. On en a croisé un en particulier, qui s'avérait en fait notre autre voisin de camping, celui d'en face. Lui, il fait de la poterie. Un beau jeune homme qui fait de la poterie, ça fait pas se pâmer un peu, ça ?

Il y avait un espace dédié à la dégustation d'alcool. On a essayé tous les stands. Tous. La vie est trop belle. Ensuite, histoire d'absorber tout cet alcool, nous avons assailli l'espace réservé à la restauration, spécialisée dans les produits locaux. J'ai mangé un lobster roll, un genre de hot-dog grillé fourré avec du stuff au homard. Et puis une pizza roquette-chèvre-betterave, et une autre pêche-bleu-roquette, à tomber par terre. Et pour finir, une salade de roquette avec canneberges, bleu, amandes et vinaigrette au sirop d'érable. De quoi mourir de délice.

On a terminé la soirée devant un feu, avec guimauves grillées. Et puis notre beau voisin d'en face, Alexander, est arrivé et s'est fait un feu. Il était seul. J'avais envie de lui parler. Je suis allée le voir, puisant un peu de courage je ne sais où en moi, je lui ai fait la conversation un petit peu et il est venu s'installer avec nous près de notre feu. On a parlé, regardé les étoiles, la lune; on se sentait bien près de lui. Il nous a donné chacune une poterie. Magnifique souvenir de cette épopée à Burlington. Le périple ne pouvait mieux se terminer. On a pensé qu'il a dû penser qu'on était lesbiennes. Mais c'est pas grave. Il nous a laissé son adresse, postale et électronique. Il a dit qu'il aimerait bien qu'on aille le voir à Clinton. On a dit qu'on aimerait bien le voir à Montréal. De vagues projets se sont dessinés. On ne se reverra pourtant jamais.

Le lendemain, il partait, et nous aussi. On s'est fait une accolade. Non, les Étatsuniens n'embrassent pas sur la joue; ils te prennent directement dans leurs bras. Frissons.


mardi 31 juillet 2012

Les aventures de deux trentenaires célibataires à Burlington - Partie I : Le camping de la désolation

Je m'étais dit que j'avais besoin d'aventure. Vous savez, aventure comme dans partir en backpacking ? Bon, pas très loin, pas très longtemps, d'accord. Mais le backpacking, contrairement au voyage planifié, avec hôtel réservé, trajet tracé et voiture remplie à ras bord de bagages pour être certain de ne manquer de rien, permet de déconnecter complètement, de sortir de la réalité, de vivre le quotidien autrement en nous ramenant à des besoins de base, comme trouver une endroit où dormir, faire à manger et faire du feu.

Jamais je ne m'étais sentie aussi heureuse que la fois où, à 23 ans, j'étais partie trois mois en France et en Espagne avec ma tente, à errer entre la Bretagne, la Corse et Séville, à dormir dans les trains et à aller où me portaient mes humeurs. Ma vie se résumait à cela : partir, prendre un train, trouver un terrain de camping, manger, visiter des lieux, ou plutôt vivre des lieux. Dans cette vie, il n'y a pas d'avenir, pas de passé; le présent est l'unique façon d'exister. On se sent jeune, on se sent libre, on sent que tout est possible.

J'avais réitéré l'expérience à 25 ans (moins longtemps, deux semaines) pour traverser l'Ouest canadien avec Monsieur M. C'était comme un voyage de noces. On faisait du stop, on dormait dans les cars, et le temps n'existait plus.

Aujourd'hui, je n'ai plus vraiment l'occasion de partir comme ça. À 31 ans, les choses changent. Déjà, on se sent moins forts pour transporter un sac de 20 kilos sur notre dos. Et puis la vie nous amène à faire des choix, comme se poser, structurer sa vie, payer ses dettes d'études, avoir un emploi et le garder, mettre de l'argent de côté. Tout cela finit par sembler plus important que l'errance, parce qu'on se voit vieillir, et on veut être autonomes. Mais voilà, cette époque d'insouciance et d'aventure me manque, me rend parfois nostalgique.

Bref, j'ai eu envie d'aventure, ce qui est toujours une bonne thérapie contre l'engourdissement cérébral et physique.

Ça tombait bien, parce que justement mon amie S. m'a demandé si j'avais envie de partir avec elle en camping à Burlington. Que oui. Et quelle aventure ce fut.

Et donc on a paqueté nos bagages et on a sauté dans un car qui nous amenait directement à Burlington.

Se retrouver perdues dans une ville qu'on ne connaît pas. Demander notre chemin. Chercher le bon autobus qui nous amène au bon camping. Susciter le regard des passants. Parfois de beaux passants, nous renvoyant des regards complices; deux filles qui voyagent avec un sac aussi gros qu'elles sur le dos, ça attire l'oeil et l'admiration. Et la sympathie des gens.

Comme les lois de l'aventure l'exigent, le camping dans lequel nous voulions passer notre séjour était plein. Oh, je vous rassure : j'avais appelé et écrit avant de partir, mais je n'ai jamais eu de réponse. Je n'ai jamais pu réserver, mais on s'était dit que la chance serait de notre côté. Elle ne l'a pas été. Soit.

On s'est alors retrouvées dans le pire camping que j'aie vu de ma vie. Sans blague. Très loin de Burlington en plus. Impossible de s'y rendre à pied ou même en vélo ou en bus. C'est un taxi qui nous y a menées, et ça a coûté cher. On était prises là. Pas d'autre choix possible, et puis la fatigue commençait à nous gagner.

Un camping tout moche, du type "parking à roulottes", dont la clientèle se caractérise par un manque de goût flagrant tant dans choix de la déco de sa roulotte que dans sa façon d'interpréter le savoir-vivre. À l'accueil, dans une espèce de cabane en bois compressé qui puait le vieux pipi, un rouquin nous a accueillies de son regard terne et empreint d'une indifférence profonde pour la vie en général.

Les toilettes étaient dégueulasses. D'une propreté plus que douteuse. Il n'y avait pas de savon et le sèche-mains ne fonctionnait pas. Je n'ai même pas pris de douche. J'ai préféré rester dans mon odeur de swing. La plage mentionnée dans le dépliant en tant qu'un atout du site s'est révélée un carré de boue de six mètres carrés dans lequel barbotaient quelques enfants. Pas de village près; pas de magasins. De l'atmosphère du camping se dégageaient des notes de désespoir, de pauvreté, comme celles qui émanent d'un lieu où on n'est que de passage, où on arrive tard la nuit et d'où on repart tôt le matin, comme ces motels vétustes et tristes qui jonchent le bord des autoroutes.

On s'est senties abattues, mais à la fois euphoriques. On a tellement ri qu'on a fini par pleurer. Ou on a tellement pleuré qu'on a fini par rire. Je ne sais plus très bien dans quel ordre.

Bonne nouvelle, il y avait une piscine, et notre emplacement pour la tente était tout de même acceptable. On a découvert un quai où on a fini l'après-midi les pieds dans le lac Champlain. On a trouvé du bois pour faire du feu. On a préparé notre souper avec le petit réchaud de S. On a bu beaucoup de vin et on a parlé longtemps en contemplant les flammes. Le bonheur se trouve parfois dans des gestes très élémentaires. Notre joie et notre excitation en allumant le réchaud vous sembleraient probablement incompréhensibles et pathétiques. Notre fascination devant un gâteau au fromage lyophilisé qui prend forme grâce à un peu d'eau pourrait paraître ridicule de l'extérieur, mais quand on le vit, on se sent comme un enfant qui découvre pour la première fois un Jolly Jumper.

Le lendemain, on a repaqueté nos affaires et on a sacré notre camp - oui, l'expression est choisie, car nous ne sommes pas parties, mais nous avons bel et bien sacré notre camp, ce qui est différent - pour un monde meilleur qui ne sent pas le pipi et où les gens ne sont pas ternes.

La suite de nos aventures dans un prochain billet.

lundi 16 juillet 2012

Soyons légers, c'est l'été

Ce soir, je pourrais écrire un long billet mélancolique, exprimer ma douleur de me languir de lui, qui n'a pas donné de nouvelles depuis son départ, qui je sais est revenu à Montréal, dont je vais attendre un message toute la semaine, lui qui me laisse dans l'attente, et moi qui accours au premier signe de lui. Je pourrais me perdre dans la description de ma dépassion, de mon sentiment d'être vidée de toute passion, d'être dissipée, de ne plus savoir où aller. Mais j'ai peur de t'emmerder, cher lecteur au singulier, car c'est l'été, et l'été, c'est fait pour les frivolités.
J'ai donc décidé d'écrire sur les péripéties aussi surprenantes qu'insignifiantes qui remplissent ma vie depuis une semaine.

La semaine dernière, j'ai eu un accident de voiture. Une copine et moi, on s'en allait gaiement, cheveux et jupe au vent, vers une destination de villégiature excitante, Saint-Hilaire. On s'était mises toutes belles pour l'occasion. Mais notre périple a pris fin à peine sorties de Montréal. On roulait sur l'autoroute, discutant de choses impertinentes, consultant le GPS, regardant nerveusement si on avait pris la bonne sortie, et puis un cri, un gros pick-up, un son aigu de freins, l'odeur du caoutchouc brûlé, le pick-up qui s'approchait trop vite, nous qui arrivions trop vite sur le pick-up et BANG ! Dans le cul du pick-up.

J'ai eu peur. Je voyais le gros derrière de ce pick-up, et je savais qu'on allait direct dedans. Je me suis dit : on va rentrer dedans, et je ne sais pas ce que ça va faire, mais on va rentrer dedans. Je n'ai pas vu ma vie défiler, je n'ai pas eu une dernière pensée pour Monsieur Z, je n'ai pas prié, j'ai juste pensé à ce que ça allait faire quand on allait rentrer dans le cul du pick-up à 90 km à l'heure. Je n'ai même pas crié, ni sacré; j'allais silencieusement vers ma destinée.

Après le choc, je me suis assurée que j'étais encore en vie. Ensuite, je me suis assurée que je n'étais pas blessée. Miracle : on avait survécu au choc, ça avait cogné fort, mes lunettes sont parties en ligne droite dans le pare-brise. Mes premières paroles ont été pour mon amie : "Es-tu correcte?" Mes deuxièmes paroles ont été : "Hostie, il me faut de l'alcool, de l'alcool et vite!" J'étais tendue dans le cou et dans le dos... fallait y remédier.

Bon, l'après-midi était mort, mais la soirée était jeune. Après un joyeux tour de towing (la voiture était scrap), on a décidé de fêter notre survie en allant manger au Petit Alep, un des meilleurs restos de Montréal, à mon sens à moi. Parlant de sens, les miens étaient complètement exacerbés par le choc. C'est comme si mes sens aussi avaient envie de fêter le fait qu'ils sentaient encore. J'étais euphorique et assaillie par l'envie intense de baiser. De baiser pour me sentir encore plus en vie. Ce soir-là, tous les mecs étaient beaux. Bon. À défaut de baiser, j'ai mangé. Je me suis régalée, au-delà du raisonnable je dois dire, des délicieux mets d'Alep. Ce fut une soirée mémorable.

Les moments qui suivent la peur de mourir sont toujours inoubliables. Ils revêtent un sens qu'ils n'auraient pas eu autrement.

Le lendemain, pour fuir la canicule qui allait s'installer sur Montréal, je suis partie me réfugier dans la campagne des Cantons de l'Est, chez ma mère. On est allées au spa. Un après-midi complet, j'ai trempé dans l'eau chaude, dans l'eau froide, et j'ai dormi sur de gros coussins au soleil. J'ai oublié le temps qui passait. J'ai l'oublié, lui. J'ai oublié que j'avais mal. J'ai juste senti mon corps qui se ramollissait.

Samedi, la chaleur était si intense qu'il était impossible de traverser cette journée sans la passer dans l'eau ou à l'air climatisé. N'ayant ni un ni l'autre, j'ai opté pour m'incruster dans le camping à côté de chez ma mère, histoire de profiter de leur lac et de leur piscine. Il y avait un beach party, mais qu'à ne cela ne tienne, j'étais prête à endurer n'importe quoi quitte à avoir mon cul dans l'eau. Ainsi, toute la journée, je me suis tapé une chiée de tounes poches, de ces tounes dont on a honte juste à les entendre.

Voici quelques exemples de ce que j'entends par tounes poches :

Ça
Ça
Et ça


Et le tout, mes amis, entourée de purs douchebags trentenaires qui, auprès de leurs enfants et de leur femme, sirotaient une bière de piètre qualité directement sortie du cooler, ressortant fièrement leur grosse bedaine d'hommes qui boivent de la bière (parce que c'est tellement viril de boire une bière en bedaine, encore plus si elle est grosse), souriant béatement, pour ne pas dire bêtement, au bonheur de la vie simple, vous savez la vie simple, quand le bonheur réside dans les petites choses de la vie telles que boire une bonne Bud pas très fraîche sur le bord d'un lac artificiel trop chaud et plein d'algues et de pipi en compagnie de kids et meuf, les lunettes de soleil de marque sur le nez en regardant la seule jolie fille allongée sur la plage, à savoir : moi.

Et je vous parle pas de la nécessaire et inévitable lifeguard cuty aux cheveux blonds et au teint bronzé qui se pavane avec sa bouée inutile, bombant généreusement le torse, la confiance en soi dans le tapis et heureuse de faire bander les mecs sur son passage.

Bref, que des clichés que j'ai observés. Pourvu que j'étais dans l'eau, tout cela prenait une tournure très romanesque.

Me voilà donc de retour dans mon inertie montréalaise. De retour dans mon marasme. De retour devant mon ordi, à guetter fébrilement ma boîte de déception. À attendre, encore et encore, de ses nouvelles.

mardi 26 juin 2012

La nuit de la Saint-Jean

Dimanche dernier, alors que tout le monde était occupé à taper des pieds et des mains sur fond de folklore québécois afin de bien ancrer en soi son identité sociale, moi j'apprenais à danser la salsa dans ma cuisine en compagnie de Monsieur Z.

Ma tête dans le creux de son bras, mon visage dans son cou, ma main sur son coeur, j'ai passé la nuit à écouter la pluie tomber et à espérer que l'aube n'allait pas se lever.

Les deux jours suivants, je suis restée dans mon lit, à essayer de garder vif en moi le souvenir de cette nuit improbable, si viscéralement attendue. Le nez enfoui dans mes couvertures, j'ai essayé de retrouver son odeur.

Et plus les jours passent, plus cette nuit magnifique se transforme en un songe volatile, dont je tente de récupérer la trace indélébile.