Mon corps est un laboratoire.
J'essaie. J'expérimente.
Je le laisse entre leurs mains. J'explore leur touché. Leurs baisers. Leur tendresse ou leur rudesse. Leur passion, leur insécurité, leur empressement, leur désir brûlant.
Je me donne à eux, je les laisse faire ce qu'ils ont à faire, ce qu'ils pensent qu'ils doivent faire ou qu'ils aiment faire.
Pendant ce temps, j'analyse. J'observe mes réactions. Je note ce que j'aime, ce que j'aime moins. Je me laisse surprendre. Et parfois, même, j'ai du plaisir.
Je m'offre comme sujet d'étude. C'est pour une bonne cause. Pallier l'ignorance. Je suis curieuse. J'ai besoin d'en savoir davantage. De posséder un échantillon crédible. Une expérience solide.
C'est pour mieux me connaître. Pour mieux savoir ce que je suis en mesure d'accepter, de tolérer, d'assumer.
Et j'apprends.
À dire oui, à dire non. À m'abandonner dans leurs bras sans penser au lendemain, sans espérer de lendemain.
À être là, maintenant.
J'apprends à apprécier ce que les hommes ont à donner. À accepter les limites de ce qu'ils peuvent offrir.
Dans mon laboratoire, j'ai été agréablement surprise de la sensualité de certains. Les tactiles. Ceux qui aiment toucher. Qui aiment caresser, sentir, faire les choses lentement.
J'ai été plus entreprenante avec ceux qui n'osent pas trop.
J'ai été saisie par la rudesse d'autres. Ceux qui veulent prendre les femmes sans même se donner la peine de les déshabiller. Qui nous touchent à peine.
Ils répondent à mon sondage, honnêtement, quoique parfois un peu pressés, et puis repartent sans demander leur reste. Partent sans plus jamais donner de nouvelles.
Mais moi, j'en tire un grand profit. Je prends des notes. Je laisse l'expérience m'endurcir. Moi aussi j'en profite. Je ne subis pas.
Et en voyant le tout comme une expérience, avec essais et erreurs, j'apprends à créer la distance nécessaire pour cesser d'avoir mal.
Peut-être, chers hommes, que je finirai par vous accepter avec votre incapacité à rester.
Par vous pardonner, même.
Parce que mettre sa vie en récit, et celle des autres, lui donne un sens... si absurde soit-il.
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samedi 3 novembre 2012
lundi 15 octobre 2012
Passion danse
Hier soir, j'ai regardé un film magnifique.
Un hommage à la danseuse Pina Bausch par la troupe Tanztheater.
Faut dire que je suis fan de danse.
J'ai été saisie par la beauté des chorégraphies. Des chorégraphies qui soulignent à la fois la grâce, l'étrangeté et la force du corps, qui émerveillent, fascinent, captivent.
Des chorégraphies symbolique, poétiques, qui parlent et créent une représentation du monde.
Parfois dans des lieux incongrus, inappropriés à la danse, à une apparition pure, esthétique. Comme une fleur qui aurait pris racine dans un terrain volcanique, disait Baudelaire.
Je ne me lasse pas de regarder cet extrait. C'est exquis.
Par contre, si certaines chorégraphies marquent par leur beauté, d'autres, anxiogènes, m'ont fait étouffer d'angoisse (voir extrait à partir de 1:00).
D'autres encore m'ont fait rire.
Elles m'ont toutes fait réfléchir.
La danse inexplorée.
La danse à son sommet.
Pina était un génie.
Un hommage à la danseuse Pina Bausch par la troupe Tanztheater.
Faut dire que je suis fan de danse.
J'ai été saisie par la beauté des chorégraphies. Des chorégraphies qui soulignent à la fois la grâce, l'étrangeté et la force du corps, qui émerveillent, fascinent, captivent.
Des chorégraphies symbolique, poétiques, qui parlent et créent une représentation du monde.
Parfois dans des lieux incongrus, inappropriés à la danse, à une apparition pure, esthétique. Comme une fleur qui aurait pris racine dans un terrain volcanique, disait Baudelaire.
Je ne me lasse pas de regarder cet extrait. C'est exquis.
Par contre, si certaines chorégraphies marquent par leur beauté, d'autres, anxiogènes, m'ont fait étouffer d'angoisse (voir extrait à partir de 1:00).
D'autres encore m'ont fait rire.
Elles m'ont toutes fait réfléchir.
La danse inexplorée.
La danse à son sommet.
Pina était un génie.
lundi 13 août 2012
Vagabondage
Doux balancement du métro.
Musique dans les oreilles.
Mon esprit vagabonde. Les gens autour de moi s'évaporent dans les limites diffuses de ma conscience.
Plus loin, debout, un jeune homme.
Beau. Blond. Aux cheveux longs. Aux lunettes rondes.
Mes yeux le détaillent. Je le trouve séduisant. Il a de belles mains. Une belle bouche.
Je pense que ce serait mon type d'homme. Un côté intello, assaisonné d'un caractère sportif-nature. Le genre de gars qui t'emmène marcher en forêt, avec qui tu passes de belles soirées en camping, avec qui tu peux discuter de tout, approfondir les sujets, mais toujours avec légèreté, simplicité et humour. Le genre de gars amoureux, affectueux, sans être mielleux.
Ensemble, on serait bien. Je serais comblée. Je me vois, sourire aux lèvres, à ses côtés. Et on aura des enfants, bien sûr. On en aura trois, en tout. Je suis sa femme, je le rends heureux. On prend beaucoup de plaisir à recevoir nos nombreux amis, parce que lui, son plaisir, c'est de donner et de faire plaisir aux gens qu'il aime. Il rit beaucoup. Il rit tout le temps. Son rire est apaisant. De ses yeux jaillit en permanence l'étincelle de ceux qui dévorent la vie à pleines dents. Il me communique son bonheur. Il me regarde souvent avec complicité, de son sourire contagieux. Nos enfants grandissent, leurs boucles blondes finissent par prendre une teinte plus châtaine.
Il m'aime et m'admire.
Une vie de bonheur s'écoule.
Sentant mon regard persistant sur lui, il se retourne, me voit, me fait un semi-sourire pincé tout en haussant les sourcils, l'air de me dire : "Tu veux ma photo?" ou peut-être bien : "Je te plais ? C'est ça ?"
Et il sort à la station suivante.
Je secoue ma tête; je me ressaisis. Les gens autour de moi commencent à regagner progressivement le champ de ma conscience. La réalité se réinstalle crûment, avec ses néons, le bruit des portes qui s'ouvrent et se referment, le son du train sur les rails, les visages abrutis et indolents des gens qui attendent de descendre.
Je suis rendue à destination. Je me lève, je sors, le pas léger, le regard brillant, le visage lumineux, esquissant le sourire de celles qui viennent de passer une nuit avec leur amant.
Entre les stations Frontenac et Berri-UQAM, j'ai vécu une longue et poignante histoire d'amour.
Musique dans les oreilles.
Mon esprit vagabonde. Les gens autour de moi s'évaporent dans les limites diffuses de ma conscience.
Plus loin, debout, un jeune homme.
Beau. Blond. Aux cheveux longs. Aux lunettes rondes.
Mes yeux le détaillent. Je le trouve séduisant. Il a de belles mains. Une belle bouche.
Je pense que ce serait mon type d'homme. Un côté intello, assaisonné d'un caractère sportif-nature. Le genre de gars qui t'emmène marcher en forêt, avec qui tu passes de belles soirées en camping, avec qui tu peux discuter de tout, approfondir les sujets, mais toujours avec légèreté, simplicité et humour. Le genre de gars amoureux, affectueux, sans être mielleux.
Ensemble, on serait bien. Je serais comblée. Je me vois, sourire aux lèvres, à ses côtés. Et on aura des enfants, bien sûr. On en aura trois, en tout. Je suis sa femme, je le rends heureux. On prend beaucoup de plaisir à recevoir nos nombreux amis, parce que lui, son plaisir, c'est de donner et de faire plaisir aux gens qu'il aime. Il rit beaucoup. Il rit tout le temps. Son rire est apaisant. De ses yeux jaillit en permanence l'étincelle de ceux qui dévorent la vie à pleines dents. Il me communique son bonheur. Il me regarde souvent avec complicité, de son sourire contagieux. Nos enfants grandissent, leurs boucles blondes finissent par prendre une teinte plus châtaine.
Il m'aime et m'admire.
Une vie de bonheur s'écoule.
Sentant mon regard persistant sur lui, il se retourne, me voit, me fait un semi-sourire pincé tout en haussant les sourcils, l'air de me dire : "Tu veux ma photo?" ou peut-être bien : "Je te plais ? C'est ça ?"
Et il sort à la station suivante.
Je secoue ma tête; je me ressaisis. Les gens autour de moi commencent à regagner progressivement le champ de ma conscience. La réalité se réinstalle crûment, avec ses néons, le bruit des portes qui s'ouvrent et se referment, le son du train sur les rails, les visages abrutis et indolents des gens qui attendent de descendre.
Je suis rendue à destination. Je me lève, je sors, le pas léger, le regard brillant, le visage lumineux, esquissant le sourire de celles qui viennent de passer une nuit avec leur amant.
Entre les stations Frontenac et Berri-UQAM, j'ai vécu une longue et poignante histoire d'amour.
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