lundi 20 août 2012

Portrait de S.

Ce n'est pas fréquent, mais ça arrive.

Et quand ça arrive, ça marque pour la vie.

On reste à jamais transformé par ces personnes. Par ces rencontres amicales exceptionnelles.

Mon amie S. en fait partie. Oui, cette chère S. des péripéties à Burlington et de la gourmandise démesurée.

Et comme ces temps-ci je la fréquente beaucoup, j'ai eu l'occasion de l'observer et de constater à quel point elle est remarquablement belle.

Pas une beauté canonique, sur talons hauts, cheveux teints et toujours bien coiffés, maquillée, habillée à la dernière mode.

S. n'est pas friande des artifices. Elle s'en fout pas mal beaucoup.

Non, sa beauté vient de l'intérieur; ça fait cliché comme affirmation, mais il n'y a rien de plus vrai. Je veux dire, physiquement, elle est une jolie femme, mais ce n'est pas son aspect extérieur qui la démarque.

Ce qui la démarque, c'est qu'elle est resplendissante. Il y a comme une lumière qui brille en permanence dans son ventre et qui rejaillit dans ses yeux, dans son visage, son sourire, sa présence. S. rayonne de partout. Elle n'a pas besoin de crèmes à 60 $ pour rendre son teint éclatant; il est naturellement alimenté par cette lumière intarissable.

S. attire le regard des hommes en ne faisant rien du tout, ce qui ferait tomber de jalousie les petites pitounes de la rue Saint-Laurent surmaquillées qui ne lésinent pas sur l'étroitesse de leur jupe pour se sentir exister ne serait-ce qu'un instant sous un regard lubrique masculin.

S. n'est qu'elle-même et elle plaît. Elle plaît beaucoup. C'est magnifique. C'est ça, la beauté pure.

Quand je suis avec elle, je disparais dans l'ombre de son aura.

J'admire ce don d'être soi-même.

J'admire sa capacité à mettre de côté tous ses soucis pour croquer dans la vie à pleines dents.

J'admire son intrépidité.

Car S. n'a peur de rien. Ses yeux pétillants en témoignent bien.

S. est capable de tout abandonner pour faire le tour du monde.

S. est capable de ramener chez elle à 4 heures du matin un ex-prisonnier croisé dans un parc pour lui offrir une tisane et un chandail chaud.

S. est capable de sourire et de parler à tout le monde, peu importe l'apparence des gens. Elle ne juge pas. Pour elle, les gens sont foncièrement bons. Elle aime, tout simplement, et partage sa lumière.

J'aime être avec elle, parce qu'elle éclaire mes pensées ténébreuses, les rend moins effrayantes et me permet, moi aussi, de mieux aimer cette vie qui n'a que du bon, tout d'un coup, quand S. m'oblige à ouvrir la porte et à regarder dehors.

S. va partir le mois prochain pour un long périple autour du monde qui ne connaîtra peut-être pas de fin. Son départ à l'autre bout de la planète laissera un grand vide dans ma vie. Mais j'espère que je saurai conserver un peu de sa lumière.

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